Nicolas Sarkozy faits ses premiers pas de candidat à Annecy

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NICOLAS SARKOZY À ANNECY EN TANT QUE CANDIDAT
NICOLAS SARKOZY À ANNECY EN TANT QUE CANDIDAT

par Yann Le Guernigou

ANNECY, Haute-Savoie (Reuters) - "Ça me manquait", "je suis soulagé" : c'est un Nicolas Sarkozy heureux de renouer les contacts directs avec les Français qui a fait jeudi ses premiers pas de candidat à sa réélection.

Il avait choisi pour l'occasion la Haute-Savoie, une terre de droite où il avait achevé sa précédente campagne et où il est venu à de nombreuses reprises pendant son quinquennat, pour une journée qui devait s'achever par un premier discours à Annecy.

Arrivé à la mi-journée, il a arpenté les rues de la vieille ville d'Annecy pendant plus d'une heure en compagnie du président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer, le régional de l'étape, serrant les mains de ses partisans qui se pressaient sur son passage au milieu d'une nuée de caméras et de micros.

"Je suis soulagé, je suis heureux", a-t-il dit à plusieurs reprises.

"J'avais envie d'aller à leur rencontre, d'aller leur parler (...) parce que ça me manquait", a-t-il en désignant ceux qui l'attendaient.

"Président, c'est bien, mais on ne peut pas être aussi libre qu'en tant que candidat".

Visiblement moins pressé qu'à l'ordinaire, il s'est arrêté dans huit boutiques, allant d'une chocolaterie à une boucherie, en passant par une librairie et un magasin de vêtements, prenant le temps à chaque fois de dialoguer avec les propriétaires.

Plus souple que lorsqu'il accompagne le président de la République, le service d'ordre n'en était pas moins vigilant. Un homme arborant un T-shirt sur lequel on pouvait lire "Casse-toi pauv' con", une invective qu'il avait lancée en 2008 à un visiteur du salon de l'agriculture qui refusait de lui serrer la main, a été promptement expulsé du cortège.

MESSAGE DE VÉRITE

Le candidat-président a dit vouloir "porter un message de vérité", par opposition à ceux qui "racontent n'importent quoi".

Il s'est arrêté dans un restaurant de spécialités savoyardes pour partager une fondue avec des personnalités locales, élus, industriels mais aussi sportives, comme le champion olympique de descente Antoine Deneriaz ou le pianiste François-René Duchable.

Se prêtant à des questions de la presse à la sortie des lieux, il a évoqué sa situation de président-candidat, se revendiquant "candidat exactement comme les autres". "Je ne suis pas un président en campagne, je ne peux pas".

A ceux qui s'inquiètent de son important retard sur le socialiste François Hollande dans les intentions de vote, il répond : "Le peuple français est libre, frondeur, personne ne lui dicte ce qu'il a à faire (...) Ils ont toujours déjoué les pronostics."

Quand on lui demande s'il faut l'appeler président ou candidat, il répond d'une pirouette : "Nicolas, c'est mon prénom".

En début d'après-midi, il a passé une heure à huis clos dans un café avec une vingtaine de personnes "ordinaires" choisies par les élus locaux, pour l'essentiel des professionnels - artisans et commerçants - mais aussi un retraité, un étudiant, une infirmière et un patron de PME, pour une discussion à bâtons rompus.

Il compte renouveler l'expérience à chacune de ses sorties.

Avant se rendre dans la salle de son discours, où quelque 4.000 personnes étaient attendues, Nicolas Sarkozy a encore pris le temps d'aller visiter une fromagerie où l'on produit du reblochon.

Vendredi, il remettra sa tenue de président pour un sommet franco-britannique à l'Elysée, avant un week-end consacré de nouveau à la campagne, avec visite samedi en fin de matinée de son quartier général rue de la Convention, dans le XVe arrondissement de Paris, puis dimanche un grand meeting à Marseille.

Edité par Yves Clarisse

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