Nicolas Sarkozy fait campagne au Salon de l'agriculture

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NICOLAS SARKOZY FAIT CAMPAGNE AU SALON DE L'AGRICULTURE
NICOLAS SARKOZY FAIT CAMPAGNE AU SALON DE L'AGRICULTURE

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Venu en président inaugurer le 49e Salon de l'agriculture, c'est surtout en candidat que Nicolas Sarkozy a arpenté samedi les allées de la plus grande ferme de France, qui s'est installée pour huit jours porte de Versailles à Paris.

Rassuré par des sondages qui le donnent largement en tête dans les intentions de vote du monde agricole (voir ), il a rappelé les mesures prises en faveur du secteur, à commencer par la suppression quasi totale des charges sur l'emploi saisonnier.

Il a une nouvelle fois prôné une application moins "tatillonne" des normes environnementales qui horripilent les grandes organisations d'agriculteurs, et dénoncé, comme il le fait régulièrement dans ses déplacements, les partis "sectaires" sur le sujet.

Arrivé à 7h30 pour assister à une traite de vaches et partager un petit déjeuner avec des éleveurs avant l'ouverture au public, Nicolas Sarkozy a passé quatre heures au salon, un record pour celui qui, à l'inverse de son prédécesseur Jacques Chirac, n'a jamais été un fanatique de l'exercice.

Comme pour donner le ton de cette visite, il était accompagné de Frédéric Nihous, du mouvement Chasse, pêche, nature et traditions, qui vient de renoncer à la course à l'Elysée pour se rallier au président sortant.

Frédéric Nihous a expliqué avoir conclu un "partenariat gagnant-gagnant pour la ruralité" avec le chef de l'Etat. "Il m'a dit avoir entendu le message que je portais et avoir la volonté qu'ensemble on apporte des solutions, c'est ça l'objectif", a-t-il dit à des journalistes.

Cerné par les caméras et le service d'ordre, Nicolas Sarkozy est parvenu à marquer quelques arrêts dans la cohue des allées pour faire passer ses messages.

"L'agriculture, c'est une activité aussi essentielle pour notre économie que l'automobile ou le spatial", "les agriculteurs ne sont pas les ennemis de la nature, il faut les associer à la défense de l'environnement" ou encore "toutes les décisions que nous avons prises, notamment pour alléger les charges (...) c'est pour leur permettre d'être plus compétitifs, qu'ils aient un avenir".

"ON PARTAGE LES MÊMES VALEURS"

A moins de deux mois du premier tour de la présidentielle, le Salon de l'agriculture s'annonce encore plus que les autres années un point de passage obligé pour la classe politique et verra défiler tous les grands candidats.

François Bayrou (MoDem) y est attendu ce dimanche et le socialiste François Hollande a prévu d'y passer dix heures mardi, ce qui a suscité un commentaire ironique du président-candidat.

"Il doit avoir bien des choses à se faire pardonner", a-t-il dit de son rival. "Il va leur expliquer pourquoi il veut travailler avec Mme (Eva) Joly (la candidate d'Europe écologie-Les Verts), mais à mon avis, il faudra plus que dix heures."

Devant la représentation de la filière viande, il a dénoncé les propos de la candidate du Front national, Marine Le Pen, sur la viande halal : "Il y a des gens qui veulent gagner des voix sur le dos des travailleurs, c'est pitoyable, pitoyable."

Interpellé vivement sur le stand de la fédération des producteurs de fruits et légumes sur le coût du travail, il répond : "Je n'ai pas besoin d'un coup de marteau pour me faire rentrer dans la tête des choses que je sais : vous m'avez demandé d'alléger les charges, c'est fait."

Flanqué tout au long de la visite du patron de la FNSEA, le principal syndical agricole, Nicolas Sarkozy l'a achevée par une allocution improvisée en forme d'hommage aux valeurs du monde paysan, accompagné d'un appel dénué d'ambiguïté.

"Je me sens au côté des valeurs que vous portez, celles de gens qui aiment leur travail et qui veulent en vivre, celles d'hommes et de femmes qui ne veulent pas qu'on les subventionne, qui veulent qu'on les respecte pour ce qu'ils sont, pour ce qu'ils savent faire et pour l'idée de la France qu'ils défendent."

"Si on partage les mêmes valeurs, j'ai besoin que vous m'aidiez à faire triompher ces valeurs, parce que ces valeurs c'est la seule façon pour que la France reste un pays fort et indépendant, et si le pays est fort, chacun d'entre vous sera protégé dans l'exercice de son métier", a-t-il conclu.

Edité par Jean-Baptiste Vey

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  • Orange37 le samedi 25 fév 2012 à 15:33

    Faire campagne, c'est plus facile que de tenir ses promesses. Quel triste clown