Nicolas Sarkozy et François Hollande baissent un peu la garde

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Nicolas Sarkozy et François Hollande baissent un peu la garde
Nicolas Sarkozy et François Hollande baissent un peu la garde

PARIS (Reuters) - Tels deux boxeurs fatigués par leur combat acharné, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont baissé temporairement la garde jeudi dans le dernier round avant le premier tour de la présidentielle, effectuant chacun une plongée dans l'intime.

Le président sortant n'a pourtant cessé tout au long de la campagne de dénoncer les "mensonges" de François Hollande et de brandir la menace d'un chaos financier si jamais son adversaire socialiste l'emportait le 6 mai prochain.

Mais à trois jours du premier rendez-vous avec les urnes, c'est d'un ton presque doux que le candidat de l'UMP a lancé un énigmatique "bon courage" à son adversaire socialiste.

Le chef de l'Etat a paru marqué, au micro d'Europe 1, par la violence de la campagne, s'autorisant même une pensée pour son rival, sans doute épuisé lui aussi par une lutte sans merci.

"Je suis bien placé pour lui dire bon courage", a dit Nicolas Sarkozy. "Je vois beaucoup de gens qui font des commentaires sur la campagne, les qualités ou les défauts des candidats. Mais je me demande (...) lesquels seraient capables d'affronter cette épreuve physique, cette épreuve psychologique, cette épreuve personnelle."

Le candidat UMP, qui excelle dans la bagarre politique, serait-il résigné à la défaite? A-t-il voulu signifier qu'il était un homme avant d'être un guerrier, et que le sens du respect ne lui était pas étranger?

"Ce n'est pas la guerre", a-t-il dit. "Et puis, si jamais il avait une déception..."

ENCORE UN MEETING CHACUN

Les jeux ne sont pas faits, en tout cas pour le premier tour, à en croire un sondage OpinionWay-Fiducial pour le Figaro et LCI qui place les deux hommes exactement sur la même ligne avec 27,5% d'intentions de vote.

Mais cette même enquête a rappelé à Nicolas Sarkozy l'ampleur du défi qui l'attendra ensuite lors d'un second tour aux allures vraisemblables de référendum sur sa personne en donnant 10 points d'avance à François Hollande (55% contre 45%).

En attendant la reprise des hostilités avec un dernier meeting pour chacun des deux hommes, ce jeudi soir à Bordeaux pour François Hollande et vendredi soir à Nice pour Nicolas Sarkozy, le candidat socialiste a lui aussi pris jeudi le temps de la réflexion.

Il a ainsi longuement décrit, sur RMC et BFM-TV, la genèse de sa candidature et les choix qui ont émaillé ses 30 ans de vie politique, confiant notamment s'être effacé lors de la présidentielle de 2007 devant Ségolène Royal, la mère de ses quatre enfants, parce que "les Français la voulaient."

La campagne n'a pas tout à fait perdu ses droits, Nicolas Sarkozy accusant, encore, François Hollande de "mensonge", cette fois pour sa promesse de donner un coup de pouce au salaire minimum en juillet s'il accédait à l'Elysée.

Le candidat PS a refusé quant à lui la proposition de son adversaire d'organiser deux débats entre les deux tours, estimant qu'un seul face-à-face suffirait.

PAS D'OUVERTURE POUR HOLLANDE

Le même François Hollande a pris acte des ralliements à sa candidature de personnalités associées à des gouvernements de droite comme Azouz Begag, Martin Hirsch, Fadela Amara ou Corinne Lepage.

"Moi, je ne repousse personne", a-t-il dit avant d'ajouter qu'il écartait toute ouverture et nommerait un Premier ministre socialiste.

Derrière les deux finalistes probables, la lutte continue de faire rage pour la troisième place entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

La présidente du Front national, qui devance le candidat du Front de gauche de trois points dans la dernière enquête OpinionWay (16% contre 13%), pense déjà à la bataille des législatives sous la bannière du "Rassemblement Bleu Marine".

Ce dernier, associant souverainistes et indépendants gagnés à sa cause, pourrait préfigurer un changement de nom pour la formation dont elle a pris le contrôle en janvier 2011 et qu'elle rêve toujours de rendre plus présentable.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, il confirme dans un entretien publié jeudi par Les Echos qu'il possède le sens de la formule en décrivant ce qui le rapproche de François Hollande en ces termes : "On veut virer Sarkozy! Cela fait un programme commun!".

Patrick Vignal, avec le service France, édité par Yves Clarisse

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  • raich2 le jeudi 19 avr 2012 à 14:30

    La campagne 2012 est tout simplement l'éviction d'un homme qui a fait son travail de chef de l'état même si quelques erreurs ont été relevées.Ne le comdamnons pas pour autant car quelqu'un d'autre à sa place aurait fait bien pire.

  • frinie1 le jeudi 19 avr 2012 à 14:07

    Hollande ne veut pas de 2 débats. S'il pouvait ne pas y en avoir du tout, il serait heureux. Hollande sait qu'il ne fait pas le poids lors d'un débat avec Sarkozy. De même, comment pourra t il s'imposer au monde ? je suis curieux de la voir à l'oeuvre, une fois sorti de son "il faut sortir Sarkozy" pour faire quoi ? Ca, il ne le sait pas

  • jfvl le jeudi 19 avr 2012 à 13:59

    Les sondages semblent nous annoncer que les français préfèreraient le "sympathique" capitaine du Costa Concordia à un capitaine certes moins avenant mais qui nous amènerait à bon port! Le sympathique et populaire troufion est préféré au général compétent mais hautain.

  • gde-lamb le jeudi 19 avr 2012 à 13:39

    C'est affligeant de voir que les opposants à Sarkozy n'ont comme programme que l'éviction de ce dernier. C'est un peu simpliste et il est grand temps que cette campagne se termine. Ne parlons pas de Mélanchon qui se goberge de promesses démagogiques, plus intenables les unes que les autres, mais voyons plutôt les promesses du capitaine qui charge son pédalo avec maintenant l'augmentation du SMIC, dernière cartouche avant le vote de dimanche. C'est incroyable de voir son manque d'expérience !!!