Nicolas Sarkozy entretient le suspense devant les gendarmes

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NICOLAS SARKOZY ENTRETIENT LE SUSPENSE DEVANT LES GENDARMES
NICOLAS SARKOZY ENTRETIENT LE SUSPENSE DEVANT LES GENDARMES

ISSY-LES-MOULINEAUX, Hauts-de-Seine (Reuters) - Nicolas Sarkozy a entretenu lundi le suspense sur sa déclaration de candidature à un second mandat, annoncée comme imminente, se contentant de rendre hommage au travail de la gendarmerie lors de l'inauguration de son nouveau siège à Issy-les-Moulineaux.

Très sobre dans son discours, il a insisté en outre sur la nécessité de ne pas revenir sur le non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique, y compris dans la gendarmerie.

"S'agissant de vos effectifs, je préfère que les choses soient claires entre nous: la règle du un sur deux, elle est systématique et je ne la remettrai pas en cause", a-t-il dit en soulignant que son objectif était de parvenir à "désintoxiquer la France de la dépense."

"On ne peut pas dans tous les domaines n'avoir à la bouche qu'un seul principe 'plus de dépenses, plus d'effectifs, plus d'impôts', ce qui à la fin fera moins d'emplois, moins de croissance et plus de problèmes à régler", a-t-il ajouté.

Les spéculations sur l'imminence de sa déclaration de candidature à un second mandat avaient drainé un nombre de journalistes supérieur à la normale pour ce court déplacement en proche banlieue parisienne du chef de l'Etat.

POLITIQUE INUTILE

Manifestement ravi de cette attention, il n'a pour autant rien fait pour satisfaire leur curiosité. "Si je vous le dis, vous ne viendrez pas demain !", a-t-il répondu à un journaliste qui l'interrogeait sur ses intentions.

A l'inverse de ses précédentes sorties, Nicolas Sarkozy s'est abstenu de toute critique frontale des propositions du candidat socialiste François Hollande, comme il l'avait fait la semaine passée sur le nucléaire et la politique familiale.

Il a défendu en revanche ses réformes sécuritaires en faisant valoir que "en dix ans grâce à votre travail, policiers et gendarmes, le nombre de personnes mises en cause avait progressé de 30%" et le taux d'élucidation des délits était passé de 26% à 40%, "avec les mêmes effectifs".

"Quant aux auteurs de crimes sexuels, le taux d'élucidation grâce au progrès de notre activité de police scientifique et technique, il est de 50%", a-t-il ajouté en justifiant les mérites du fichier des empreintes génétiques, très décrié lors de son introduction en 1998, sous la gauche.

"Si ce fichier avait existé à l'époque du serial killer Guy Georges, bien des victimes de ce Guy Georges auraient été évitées", a-t-il dit.

"Cela valait-il tant de salive dépensée, tant de polémique inutile, tant de cris offusqués, comme si le problème des Français c'était que la police soit plus efficace plutôt que des délinquants qui soient plus nombreux et qui ne soient pas arrêtés.", a-t-il dit.

Yann Le Guernigou, édité par Thierry Lévêque

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