Nicolas Sarkozy dit sentir une mobilisation avant La Concorde

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NICOLAS SARKOZY DIT SENTIR UNE MOBILISATION
NICOLAS SARKOZY DIT SENTIR UNE MOBILISATION

BOMPAS, Pyrénées-Orientales (Reuters) - À la veille du meeting de la place de la Concorde, dans le centre de Paris, qui s'annonce comme un temps fort de sa campagne, Nicolas Sarkozy a déclaré samedi vouloir s'adresser aux Français de la majorité silencieuse, ignorés selon lui par des sondages qui lui sont moins favorables.

En déplacement dans les Pyrénées-Orientales, le président candidat s'est adressé clairement à l'électorat de droite dans un discours dénué des appels du pied aux partisans du centriste François Bayrou qui avaient marqué ses dernières interventions.

Il avait couplé ce déplacement de campagne avec une sortie présidentielle très symbolique, la visite du camp de transit de Rivesaltes où furent longtemps parqués des harkis, ces anciens supplétifs de l'armée française lors de la guerre d'Algérie.

Il a reconnu à cette occasion pour la première fois la responsabilité de la France dans leur abandon, à la fin du conflit il y a 50 ans, et proposé la construction d'un monument national qui leur serait dédié, autant de gestes forts en direction des rapatriés, très nombreux dans le sud de la France.

"J'ai voulu dire (...) que la France ne pouvait pas abandonner ceux qui l'aimaient et qui l'avaient défendue les armes à la main", a-t-il expliqué lors d'un meeting à Bompas.

"Je veux dire aussi à mes compatriotes, ceux qu'on appelaient là-bas les pieds noirs, je veux leur dire qu'ils ont beaucoup souffert, que là-bas ils ont laissé une partie de leur coeur et de leurs familles, que cette souffrance elle est digne, que cette souffrance elle est respectable", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy a dit attendre dimanche place de la Concorde "beaucoup, beaucoup de Français", ajoutant : "Je sens une mobilisation, je sens une volonté".

PAYS FRILEUX

Il a indiqué qu'il comptait s'adresser "à la France silencieuse, à celle qui ne casse pas les abribus, à celle qui ne demande rien d'autre que la permission de vouloir travailler (...) à celle qui aime sa famille, qui aime son terroir, qui aime son pays, à celle qui ne prend pas les micros et d'ailleurs à qui on ne demande jamais son avis, à celle qui se dit 'tiens, c'est curieux tous ces sondages, on ne m'a jamais interrogée'".

"Je veux parler à cette majorité silencieuse du peuple français pour lui dire, c'est votre moment, c'est maintenant, c'est vous qui choisirez, gardez votre liberté, ne vous laissez pas imposer votre choix. Soyons nombreux et c'est nous qui ferons la victoire."

Contrairement à ses derniers meetings, il s'est abstenu de critiquer nommément son adversaire socialiste François Hollande, préférant mettre l'accent sur plusieurs des propositions de son programme à destination de l'électorat de droite.

Le président sortant a ainsi défendu son idée de diminuer de moitié l'immigration légale parce que "notre système d'intégration ne fonctionne plus ou fonctionne si mal" et que "si on accueille trop de monde, on ne peut bien accueillir ceux que nous voulons accueillir."

Il a de même justifié la nécessité de lutter contre la fraude sociale via notamment l'introduction d'une carte vitale biométrique car "la fraude, dans un pays généreux, ce n'est pas possible."

Nicolas Sarkozy est revenu aussi sur sa volonté d'obtenir de l'Europe une lutte plus efficace contre l'immigration clandestine, réitérant sa menace de quitter les accords de Schengen s'il n'obtient pas gain de cause.

Pour lui, la frontière n'"est pas une ligne Maginot mais un élément de protection. Et un pays qui se sent protégé est un pays qui a de l'audace et qui est ouvert, un pays qui ne sent pas protégé est un pays frileux parce qu'il a peur".

"Il en va des familles comme des pays", a-t-il déclaré.

Jean Décotte, avec Yann Le Guernigou, édité par Benjamin Massot

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