Nicolas Sarkozy dévoile ses propositions pour l'Outre-mer

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NICOLAS SARKOZY À LA RÉUNION
NICOLAS SARKOZY À LA RÉUNION

par Yann Le Guernigou et Bernard Grollier

SAINT-PIERRE-DE-LA-REUNION (Reuters) - Suppression de charges sociales, concurrence accrue dans la distribution, recherche de nouvelles sources d'approvisionnement en carburants : Nicolas Sarkozy a présenté mercredi à la Réunion les mesures qu'il propose pour l'Outre-mer.

Le chômage des jeunes et la vie chère sont deux maux endémiques de ce département français de l'océan Indien qui est un fief de la gauche.

"Une des mes premières décisions, si les Français me reconduisent, sera de supprimer toute charge sociale" pour les entreprises recrutant un jeune de moins de 25 ans, a annoncé le président candidat UMP, qui s'exprimait devant environ 10.000 personnes à Saint-Pierre, dans le sud de l'île.

Tout emploi créé sera également exonéré de la totalité des charges sociales dans les secteurs prioritaires définis pour chaque Département d'Outre-mer (DOM) par la loi d'orientation pour le développement de l'Outre-mer, votée en 2009.

Pour Nicolas Sarkozy, il s'agira "d'un geste sans précédent", qui devrait coûter "140 millions d'euros par an" à l'Etat pour l'ensemble des DOM.

Si le chômage, qui touche près de 30% de la population active et 60% des jeunes à la Réunion, est la première préoccupation locale, le président-candidat a également proposé des mesures pour lutter contre la vie chère dans les îles.

Il propose de confier à l'Autorité de la concurrence une enquête sur les marges de la grande distribution et d'obliger cette dernière à les revoir si elles sont trop élevées.

Si elles ne le font pas, "nous ferons obligation à ceux qui sont en situation de monopole de céder certains de leurs magasins", a-t-il dit lors de cette courte visite.

UNE ÎLE QUI VOTE PS

Dans le domaine des carburants, il suggère de rechercher des sources d'approvisionnement moins chères et plus proches des DOM, quitte à demander des dérogations aux normes européennes.

Nicolas Sarkozy a d'autre part affirmé sa volonté de favoriser le recrutement local dans la fonction publique ou l'accès au crédit pour les très petites entreprises, consacrant finalement peu de temps à attaquer François Hollande, qui l'avait précédé de quatre jours à la Réunion.

A mots couverts, il a tout de même montré du doigt les mouvements indépendantistes qui soutiennent le candidat socialiste dans certains territoire d'Outre-mer.

"Nous, on refuse de travailler avec ceux qui ne veulent plus de la République", a-t-il déclaré.

Il s'agissait du seul déplacement outre-mer de sa campagne avant le premier tour. Il a prévu toutefois une rencontre avec des Français d'Outre-mer le 15 avril à Paris.

Profitant des divisions de la gauche, l'UMP s'était emparé de la présidence de région de la Réunion en 2010, mais le rapport de force local lui reste très défavorable : l'île avait voté à plus de 63% pour sa rivale socialiste Ségolène Royal au deuxième tour de la présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy enregistrant pour l'occasion son plus mauvais score national.

Un sondage IPSOS-Journal de l'île-Clinacoo-Réunion 1ère paru récemment place François Hollande en position encore plus favorable, avec 67% d'intentions de vote. Au premier tour, le candidat socialiste, qui était ce week-end dans l'île, est crédité de 39% des voix, contre 24% pour le président sortant, mais avec un taux d'abstention qui devrait dépasser 30%.

Edité par Yves Clarisse

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