Nice veut utiliser la reconnaissance faciale lors de l'Euro

le , mis à jour à 14:21
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LA VILLE DE NICE VEUT UTILISER LA RECONNAISSANCE FACIALE LORS DE L'EURO
LA VILLE DE NICE VEUT UTILISER LA RECONNAISSANCE FACIALE LORS DE L'EURO

PARIS (Reuters) - La ville de Nice a demandé au gouvernement l'autorisation d'expérimenter la reconnaissance faciale sur les caméras de la voie publique pour sécuriser la "fan zone" lors de l'Euro 2016 de football, a annoncé vendredi le maire Christian Estrosi.

Dans un contexte marqué par la menace terroriste, la sécurité de la compétition qui se déroulera en France du 10 juin au 10 juillet est au coeur des préoccupations, en particulier pour les "fan zones" qui réuniront des milliers de supporters dans les dix villes hôtes.

"Le système innovant peut-être opérationnel tout de suite. Nous avons travaillé depuis plusieurs mois avec nos services et des sociétés. Puisque la France est en guerre, j'ai demandé à Manuel Valls de nous donner le feu vert", a dit vendredi le maire Les Républicains de Nice, Christian Estrosi.

Selon lui, cette technologie permet de détecter rapidement des personnes recherchées, même si leur visage est masqué par une casquette ou des lunettes.

Ce dispositif présenté vendredi à la presse au Centre de supervision urbain de Nice n'est pas encore opérationnel, car la législation française actuelle n'autorise pas son utilisation dans ces conditions.

La mise à disposition de la police municipale de fichiers de personnes recherchées fait débat et la Commission nationale de l’informatique et liberté (Cnil) se montre réservée sur la reconnaissance faciale, jugeant que "son caractère intrusif est croissant puisque la liberté d’aller et venir anonymement pourrait être remise en cause". 

Mais pour Christian Estrosi ce système, qui "peut permettre d'identifier des Ben Laden ou des Abdeslam en puissance", n'est pas liberticide. Il souhaiterait l'étendre à l'ensemble des 1.257 caméras de la ville en cas d'accord de l'Etat.

Pour la seule "fan zone" de l'Euro, située au centre-ville, le coût s'élèvera à 400.000 euros pour 18 caméras.

L'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle commencera à tester le mois prochain le contrôle par reconnaissance faciale. Un décret publié au début du mois autorise ce dispositif qui consiste à comparer les images de voyageurs franchissant des portiques de contrôle avec la photographie de leur passeport biométrique.

D'après la mairie de Nice, des aéroports brésiliens, mais aussi les polices de Chicago aux Etats-Unis et de Leicester au Royaume Uni, recourent déjà à des systèmes comparables.

(Matthias Galante, édité par Myriam Rivet et Yves Clarisse)

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