Nice-Valls dénonce une manoeuvre de déstabilisation de la droite

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    * Le Premier ministre prend la défense de Cazeneuve 
    * Il attaque Christian Estrosi et Eric Ciotti 
    * Il met en cause "une trumpisation des esprits" 
    * Estrosi accuse le ministre de l'Intérieur de mentir 
    * Urvoas suggère des liens entre la policière et Estrosi 
 
 (Actualisé avec Hollande) 
    PARIS, 25 juillet (Reuters) - Manuel Valls a accusé lundi 
une partie de la droite, gagnée selon lui par "une trumpisation 
des esprits", d'alimenter la polémique sur la sécurité à Nice 
lors de l'attentat du 14 juillet aux seules fins de 
"déstabiliser le gouvernement". 
    Invité de BFM TV et RMC, le Premier ministre a défendu en 
Bernard Cazeneuve "un homme intègre, un homme d'Etat, un 
ministre de l'Intérieur formidable".     
    Ce dernier a annoncé dimanche soir sur France 2 porter 
plainte en diffamation contre une policière municipale de Nice 
qui affirme avoir subi des pressions de la part de ses services 
pour modifier un rapport relatif aux forces de sécurité en 
présence le soir de l'attentat qui a fait 84 morts.   
    François Hollande, qui a déjà assuré Bernard Cazeneuve de 
toute sa "confiance", a déclaré lundi qu'il ne pouvait "y avoir 
de polémique ou d'affrontement" à ce sujet. 
    "La vérité, la transparence sont essentielles dans une 
démocratie et c'est la justice qui doit l'établir et personne 
d'autre", a dit le chef de l'Etat lors d'un discours devant des 
militaires de l'opération Sentinelle à Vincennes (Val-de-Marne). 
    "Nous sommes à côté de la plaque à cause de cette polémique 
qui vise à déstabiliser le gouvernement, à mettre en cause un 
homme intègre, Bernard Cazeneuve, à mettre en cause, et c'est 
pire encore d'une certaine manière, la justice de notre pays", a 
réagi avec virulence le Premier ministre. 
    "Que cherche cette partie de la droite et notamment M. 
Estrosi ou M. Ciotti?", s'est-il interrogé en visant le 
président (les Républicains) de la région Provence-Alpes-Côte 
d'Azur, également premier adjoint au maire de Nice, et le député 
LR des Alpes-Maritimes. 
    "A mettre en cause pas seulement le gouvernement, (...) le 
préfet, le travail des policiers, le travail du procureur, ceux 
qui incarnent et représentent l'Etat, on met en cause l'Etat de 
droit et on s'attaque à la République elle-même", a-t-il dit. 
     
    ESTROSI PARLE D'UN "AFFOLEMENT" AU SOMMET DE L'ETAT 
    Manuel Valls a dressé un parallèle entre les accusations 
d'une partie de la droite française et la campagne du candidat 
conservateur à la présidentielle Donald Trump aux Etats-Unis. 
    "C'est exactement la même méthode : la violence politique, 
l'outrance, la mise en cause de la démocratie, les accusations 
lancées à l'emporte-pièce, la calomnie", a-t-il expliqué, 
dénonçant "une trumpisation des esprits". 
    Christian Estrosi, qui se défend d'instrumentaliser les 
faits, a dénoncé sur Europe 1 un "affolement" au sommet de 
l'Etat qui, selon lui, fait "obstruction à l'éclatement de la 
vérité" et accusé implicitement Bernard Cazeneuve de mensonge. 
    "En écoutant M. Cazeneuve, j'ai eu l'impression d'entendre 
M. (Charles) Hernu parler du Rainbow Warrior, d'entendre 
(Jean-Pierre) Chevènement qui soutenait le préfet (Bernard) 
Bonnet lors de la destruction des paillotes en Corse", a-t-il 
expliqué, en référence à deux affaires retentissantes qui ont 
entraîné la démission du ministre de la Défense en 1985 dans la 
première, la révocation et la condamnation du préfet dans la 
seconde. 
    "Cela s'est terminé à chaque fois à l'avantage de la 
République parce que face aux menteurs, c'est toujours la 
République qui gagne", a lancé Christian Estrosi. 
     
    URVOAS MET EN GARDE ESTROSI 
    Le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, a suggéré un 
lien entre la policière municipale, qui s'est exprimée pour la 
première fois publiquement dans Le Journal du Dimanche, et 
Christian Estrosi en évoquant sur RTL le témoignage de "la 
policière employée de M. Estrosi". 
    "Comme c'est une fonctionnaire, elle connaît le Code pénal, 
et dans le Code, il y a un article qui est l'article 40 qui dit 
que quand tout fonctionnaire est confronté à la manifestation 
d'un délit (...) ce n'est pas au JDD qu'elle doit en parler, 
mais au procureur de la République", a-t-il dit. 
    "Je ne voudrais pas que la ville de Nice (...) devienne un 
îlot de divorce avec le droit", a-t-il poursuivi à propos du 
refus de Christian Estrosi de satisfaire à la réquisition 
judiciaire des images de vidéosurveillance de la ville de Nice, 
soulignant que ce refus était une "infraction". 
    L'Inspection générale de la police judiciaire (IGPN), saisie 
le 21 juillet par Bernard Cazeneuve pour une évaluation 
technique du dispositif de sécurité le soir de l'attentat à 
Nice, doit rendre ses conclusions cette semaine. 
    Le président (LR) du Sénat, Gérard Larcher, a fait valoir 
sur Europe 1 "une exigence de vérité dans un pays fragile". 
 
 (Sophie Louet avec Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse) 
 
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