Nice : Un Cardinale pour aller au combat

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Troisième gardien de Nice au début de la saison, Yoan Cardinale est aujourd’hui le titulaire du poste. Une place à laquelle il s’est imposé avec un gros caractère, comme il l’a encore montré à Lyon la semaine passée.

    Yoan Cardinale a un point commun avec son équipe de Nice : ils n’étaient pas prédestinés à vivre une telle saison 2015-16. L’OGCN se mêle à la course au podium en L1 avec comme gardien titulaire celui qui partait troisième dans la hiérarchie à son poste au début de la saison. Le natif de La Ciotat (22 ans), formé chez les Aiglons, débutera vendredi contre Reims (20h30, 35eme journée de L1) son vingt-troisième match de la saison dans l’élite. Son vingt-troisième match tout court dans l’élite. Parce qu’il a fallu un concours de circonstances pour propulser Cardinale sur le devant de la scène. Simon Pouplin s’est blessé à une cuisse dès la première journée avant de quitter son match de reprise avec la réserve en novembre avec un ménisque abîmé. Il est actuellement en phase de reprise et Claude Puel a déjà annoncé qu’il passerait par la case CFA avant de prétendre revenir chez les pros. Ce fut ensuite au tour de Mouez Hassen, touché aux ischios en octobre, de passer par l’infirmerie.

Cardinale : « Cela donne encore plus envie de ne pas prendre de buts »

C’est ainsi que Cardinale s’est retrouvé titulaire pour une série de trois matchs avant le retour à la compétition de l’international Espoirs français, exclu à Toulouse fin novembre (2-0). L’écart de trop pour Claude Puel, qui a définitivement installé Cardinale un soir de match contre le PSG. Cela n’avait pas suffi pour créer l’exploit (0-3), mais la machine était en marche. Le numéro 30 du GYM n’a plus quitté son but depuis et reste sur une nouvelle prestation de haut niveau à Lyon la semaine dernière (1-1). Un match où il a provoqué le carton rouge de Maxwel Cornet en première période. Il s’est ainsi attiré les foudres du public du Parc OL. Pour son plus grand plaisir. « On est tous passé par des matches à quand on avait huit, neuf ou douze ans, où on jouait à huit heures le matin devant quatre personnes : ton père, ta tante et le gardien du stade. Là, jouer devant 60 000 personnes qui poussent leur équipe ou qui te sifflent, ce n’est vraiment que du plaisir, a expliqué Cardinale en conférence de presse mercredi. Cela donne encore plus envie de ne pas prendre de buts, de tout faire pour être le meilleur et montrer qui je suis. »

Sept clean-sheets cette saison

Des propos qui montrent de quel bois est fait celui qui n’a pas franchement la dégaine de l’emploi. Petit pour un gardien (1,81m), ses 84kg ne font rien pour affiner sa silhouette. Mais ses performances parlent pour lui, les statistiques aussi (sept clean-sheets en vingt-deux rencontres). Surtout que les railleries et les moqueries des supporters adversaires, il a appris à en faire fi. « Quand il était à Saint-Etienne, j’aimais beaucoup Jérémie Janot, s’est-il souvenu mercredi. Il disait souvent que ça le motivait d’être insulté par les adversaires. Tout le monde disait : « C’est bizarre comme motivation ». Aujourd’hui, j’ai la chance de goûter à ça et je me dis : « Putain, Jérémie Janot, il a raison ». » Un état d’esprit qui déteint sur ses coéquipiers. Claude Puel soulignait récemment son « gros mental ». « Derrière nous, on sait qu'on a un gars qui est prêt à aller au combat », se réjouissait Valère Germain. Dans la course à l’Europe, ça peut rendre de fiers services.
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