Nice-Monaco, un derby pas comme les autres

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Nice-Monaco, un derby pas comme les autres
Nice-Monaco, un derby pas comme les autres

Il y a Monaco, la belle, la bourgeoise, l'aristocrate. Et puis il y a Nice, l'urbaine, la portuaire, le poumon économique de la Côte d'Azur. Si seulement vingt kilomètres séparent ces deux villes, les deux clubs de football de l'OGCN et de l'ASM semblent diamétralement opposés. Souvent cantonné à un rôle de faire-valoir, dans l'ombre du club de la Principauté, Nice revient peu à peu sur le devant de la scène depuis quelques saisons. Quatrièmes l'an passé, les Aiglons ont pourtant bien du mal à confirmer cette saison avec une quinzième place après quinze journées. En face, le voisin monégasque a tiré profit du rachat du club par le magnat russe Dmitry Rybolovlev pour attirer une pléiade de stars (Falcao, J.Rodriguez, Toulalan, Abidal, Moutinho) et retrouver les sommets du championnat après deux saisons en Ligue 2. Si bien qu'avant le bouillant derby de mardi soir, le premier dans le nouveau stade niçois de l'Allianz Riviera, quinze points séparent Monaco de Nice.

Le douloureux souvenir de la saison 2011-12

Si un gouffre s'est creusé au classement, Claudio Ranieri n'imagine pas disputer un match facile. Pas pour un derby? « J'en ai disputé beaucoup dans ma carrière, notamment en Angleterre, a confié l'entraîneur italien. C'est un match singulier. Vraiment particulier car il n'y a pas de favori. L'OGC Nice ne mérite pas sa série actuelle de défaites (ndlr : cinq d'affilée). Il y a de bons joueurs à Nice, un grand gardien (David Ospina), un grand attaquant (Dario Cvitanich) et un très bon entraîneur (Claude Puel) qui a été sacré "champion" ici à Monaco... Ils se sont qualifiés pour jouer la Coupe d'Europe la saison dernière mais c'est toujours difficile de confirmer la saison suivante. » Un discours plutôt méfiant et apaisant qui tranche avec la rivalité historique entre les deux clubs. D'autant que les dernières confrontations en Ligue 1 ont laissé un souvenir plus qu'amer du côté de la Principauté. En 2011-12, l'AS Monaco, battue par l'OL de Puel à Louis II, termine 18eme et est reléguée. Effet papillon retord pour l'ASM qui permettait à l'ennemi niçois, bien que vaincu à Valenciennes, de rester parmi l'élite.

Plus d'un millier de supporters monégasques attendus

Ce genre de souvenirs, parmi tant d'autres, participe évidemment à faire de ce match un sommet de passion du championnat. Pour preuve, l'affrontement entre les deux voisins a été choisi par Canal+ comme l'affiche de cette 16eme journée de Ligue 1. Il faut dire que les deux clubs ont connu une progression linéaire. L'OGC Nice, porté par le projet d'un président visionnaire, Jean-Pierre Rivère, et l'AS Monaco, qui profite des millions russes, sont revenus sur le devant de la scène. Et si le club de la Principauté fait déjà de l'Europe un objectif à court terme, les Aiglons veulent eux d'abord s'imposer comme une place forte du football français derrière le PSG, Marseille, Lille et Lyon. Sevrés de derby depuis deux saisons, les supporters des deux camps n'ont que faire des mutations économiques de leurs équipes. L'important est de gagner. Preuve de l'engouement qu'il suscite généralement, les supporters niçois privilégient souvent un Monaco-Nice plutôt qu'un Nice-Monaco. L'excitation d'un déplacement à Louis II que les Nissarts savent gagner d'avance hors du terrain? Mais l'ASM n'est pas en reste et vient d'annoncer plus d'un millier de supporters attendus à l'Allianz Riviera. Une mobilisation inhabituelle qui place le derby de la Côte d'Azur comme l'un des plus attrayants de la saison. On en saliverait presque?

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