Nice-Le traumatisme d'une ville qui se voulait modèle

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    * Plusieurs événéments culturels annulés après l'attentat 
    * Nice entrait dans le coeur de la saison estivale 
    * Le dispositif de sécurité mis à l'épreuve 
 
    NICE, 15 juillet (Reuters) - L'attaque de jeudi soir à Nice 
(Alpes-Maritimes) a frappé une ville qui se présentait à la fois 
comme un modèle en matière de sécurité et comme le poumon 
touristique de la Côte d'Azur.  
    Le chef-lieu des Alpes-Maritimes s'est réveillé en état de 
siège au lendemain de cette attaque commise par un homme de 31 
ans, qui a lancé son poids lourd sur la foule massée le long de 
la promenade des Anglais pour les festivités du 14-juillet, 
laissant au moins 84 morts sur son passage. 
    Depuis, l'avenue qui longe la "prom" a été en partie fermée 
à la circulation, l'accès aux plages a été interdit et les 
événements culturels prévus ces prochains jours - un concert de 
la chanteuse Rihanna et un festival de jazz - ont été annulés. 
    La ville, vers où convergent environ 4 millions de visiteurs 
par an selon l'Office du tourisme local, est comme en suspens, 
alors même qu'on entrait dans le coeur de la saison estivale. 
Des hôteliers ont signalé des départs anticipés de clients et 
des annulations. 
    Toujours selon les données de l'Office du tourisme, qui 
présente la ville comme la deuxième destination de France après 
Paris, le secteur assure à Nice environ 1,5 milliard d'euros de 
retombées économiques par an. 
    "Le contexte est inédit, c'est le troisième gros attentat 
qui frappe la France en 18 mois (après les attaques de janvier 
et novembre 2015 à Paris-NDLR)", selon Vanguelis Panayotis, 
directeur du Développement chez MKG Hospitality. 
    "Il faut s'attendre à une baisse d'au moins 30% du tourisme 
en France dans le mois à venir, les 30 prochains jours. C'est 
une baisse que nous avons déjà constatée après les attentats de 
novembre. L'impact économique va être important", ajoute-t-il.   
  
    La notoriété de la deuxième ville de 
Provence-Alpes-Côte-d'Azur en nombre d'habitants en a fait une 
cible toute désignée, d'après François Hollande. 
    "Pourquoi Nice ? Parce que c'est une ville mondialement 
connue, l'une des plus belles villes de la planète", a déclaré 
le chef de l'Etat lors d'une allocution à la préfecture des 
Alpes-Maritimes. 
    L'attentat du 14-juillet a par ailleurs mis à l'épreuve le 
dispositif sécuritaire de la ville, dont Christian Estrosi a 
voulu faire un laboratoire en la matière lors de ses huit années 
de mandat à la mairie, jusqu'à sa démission le mois dernier. 
     
    PLUS DE 1.200 CAMÉRAS DANS LES RUES 
    Sous l'impulsion de l'ancien maire, désormais président du 
conseil régional, la commune a renforcé sa police municipale, 
qui compte aujourd'hui environ 400 agents épaulés par 160 agents 
de surveillance de la voie publique (ASVP).  
    Au cours de ses huit années à la mairie, Christian Estrosi, 
a fait du développement de la vidéosurveillance un autre pilier 
de sa politique de sécurité et multiplié par plus de cinq le 
nombre de caméras dans les rues - elles sont plus de 1.200 
aujourd'hui. 
    "Le réseau de vidéosurveillance que nous, collectivités, 
avons mis en place a permis sans aucun doute de remonter 
jusqu'au lieu où le barbare est monté à bord de son véhicule, un 
lieu assez éloigné d'ailleurs de l'endroit où il a commis ce 
carnage", a dit vendredi matin Christian Estrosi. 
    Avant l'Euro de football, qui s'est achevé dimanche dernier, 
le maire avait demandé sans succès l'autorisation au 
gouvernement de pouvoir utiliser un dispositif de reconnaissance 
faciale destiné à sécuriser la "fan zone". 
    Le système était prêt à l'emploi, affirmait-il, mais il 
fallait pour pouvoir le mettre en oeuvre obtenir le droit 
d'accéder aux fichiers des personnes recherchées ou dangereuses, 
ce que la loi interdit. 
    Nice était en outre la seule ville hôte du championnat 
d'Europe à avoir installé des portiques détecteurs de métaux à 
l'entrée de la "fan zone" de l'Euro. 
    Toujours soucieux d'améliorer le dispositif, les élus niçois 
ont équipé en mai toutes les salles de spectacle d'un bouton 
d'alerte "anti-Bataclan", qui permet aux forces de police de 
recevoir en direct les images de vidéosurveillance de ces 
établissements en cas d'attaque. 
 
 (Avec Reuters TV, Matthias Galante, Simon Carraud et Raphaël 
Bloch à Paris, édité par Sophie Louet) 
 
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