Nice-Difficultés d'indemnisation pour les victimes psychologiques

le
0
    NICE, 1er décembre (Reuters) - Seulement 10% des victimes 
disant avoir été blessées psychologiquement par l'attentat du 14 
juillet à Nice ont reçu une avance sur indemnisation, déplore la 
Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents 
collectifs (Fenvac). 
    Sur 1.200 demandes de rescapés se déclarant traumatisées au 
fonds d'indemnisation, seulement 120 ont été traitées, a précisé 
jeudi son secrétaire général, Stéphane Gicquel. 
    L'attaque au camion-bélier qui s'est déroulée sur la 
promenade des Anglais a fait 86 morts et des centaines de 
blessés. 
    Selon Stéphane Gicquel, au moins 700 à 800 dossiers sont 
bloqués en raison de l'absence de dépôts de plainte.  
    "Il y a un seul endroit où elles peuvent déposer plainte à 
Nice, à la caserne Auvare, et les délais d'attente sont très 
importants", a-t-il expliqué à la presse.  
    Stéphane Gicquel en appelle donc aux pouvoirs publics afin 
d'assouplir les critères d'indemnisation. 
    Le processus d'indemnisation est complexe pour les personnes 
qui n'ont pas été blessées physiquement.  
    Les autorités doivent notamment déterminer si elles étaient 
ou non présentes ce soir-là sur la promenade des Anglais et si 
le traumatisme est avéré.  
    "J'ai peur que l'on soit dans le domaine de la preuve 
impossible. Au-delà du périmètre du camion, il faut par exemple 
prendre en compte les coups de feu qui ont traumatisé de 
nombreuses personnes" estime-t-il.  
    Le secrétaire général de la Fenvac assure que cette 
incertitude sur une éventuelle reconnaissance de leur préjudice 
"crée de l'angoisse et de l'incertitude". "Une blessure 
psychologique peut être invalidante" ajoute-t-il.  
    Le processus d'indemnisation a, en revanche, bien fonctionné 
pour les ayants droits des victimes directes, dit-il. "100% ont 
reçu une avance et 50% sur les 260 demandes de victimes blessées 
physiquement".  
    Plus de quatre mois après l'attentat, la solidarité et les 
hommages en faveur des victimes se poursuivent à Nice. Jeudi, la 
commune a reçu environ 300.000 euros de dons, dont 100.000 de la 
Croix Rouge monégasque remis officiellement par le prince Albert 
II.  
    Un Comité pour la mémoire des victimes de l'attentat du 14 
juillet, composé d'élus et de personnalités de la société 
civile, a également été mis en place. Cette structure planchera 
notamment sur la création d'un mémorial.  
 
 (Matthias Galante, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant