Nice-Bouhlel a envoyé une photo de lui "heureux" avant l'attaque

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    par Tarek Amara 
    TUNIS, 17 juillet (Reuters) - Quelques heures seulement 
avant de lancer son camion dans la foule rassemblée sur la 
Promenade des Anglais jeudi soir, Mohamed Lahouaiej Bouhlel a 
téléphoné à ses proches et envoyé une photo de lui au milieu de 
la foule à Nice, sur laquelle il semble "très heureux", a dit 
dimanche à Reuters son frère.   
    Le Tunisien de 31 ans, qui a perpétré l'attaque qui a coûté 
la vie à 84 personnes et blessé plusieurs centaines d'autres, a 
appelé ses proches dans l'après-midi ce jour-là.  
    "Il a dit qu'il était à Nice avec ses amis européens pour 
célébrer la fête nationale", a dit Jabeur. Sur la photo, il 
apparaît "très heureux et content, il riait". 
    Reuters n'a pas pu voir cette photographie que Jabeur n'a 
pas souhaité partager.  
    Inconnu des services de renseignement, Mohamed 
Lahouaiej-Bouhlel est décrit depuis plusieurs jours par son 
voisinage et ses proches comme un homme violent, adepte du sport 
et fragile psychologiquement.  
    Il s'est radicalisé "très rapidement", souligne le Premier 
ministre Manuel Valls dans un entretien au Journal du Dimanche.  
    En août 2004, Mohamed Lahouaiej Bouhlel consulte un 
psychiatre à Msaken, une ville située à 120km au sud de la 
capitale Tunis, dont il est originaire.  
    "Il avait des problèmes de comportement avec ses parents à 
l'époque (...) il était très agressif à leur encontre", a dit 
Chemceddine Hamouda à Reuters. "Il avait essayé à plusieurs 
reprises d'enfermer ses parents dans une pièce de leur maison". 
    "Il avait des problèmes avec son corps", poursuit le 
psychiatre. "Il disait : 'pourquoi je suis si maigre? Je ne suis 
pas heureux avec mon corps'".     
    Chemceddine Hamouda se rappelle lui avoir prescrit des 
pilules pour régler "ses problèmes de comportement et son 
agressivité".  
    Sa dernière apparition à Msaken remonte à 2012 mais selon 
des membres de sa famille, Bouhlel se serait mis à les appeler à 
plusieurs reprises ces dernières semaines.  
    "Il m'a parlé de Msaken, de la boxe et du sport, et du fait 
qu'il allait revenir à Msaken bientôt", indique son frère. "Il a 
demandé des nouvelles de nos parents, il n'a jamais cessé de me 
parler, nous étions très proches". 
    "Il nous a envoyé des petites sommes d'argent récemment, 
parfois 300 ou 400 euros et des téléphones portables", 
ajoute-t-il. 
 
 (Marine Pennetier pour le service français, édité par Eric 
Faye) 
 
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