Nicaragua-Les USA "inquiets" des "défauts" de la présidentielle

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    WASHINGTON/MANAGUA, 7 novembre (Reuters) - Les Etats-Unis 
ont fait part lundi de leur préoccupation au lendemain de 
l'élection présidentielle au Nicaragua remportée pour la 
troisième fois par Daniel Ortega. 
    L'ancien guérillero marxiste, 70 ans, qui se présentait avec 
sa femme, Rosario Murillo comme vice-présidente, a remporté 
72,5% des suffrages après dépouillement de la quasi-totalité des 
bureaux de vote. 
    Les relations entre Daniel Ortega et Barack Obama sont 
relativement cordiales. Le président nicaraguayen a toutefois 
accusé Washington d'"ingérence" en septembre après le vote par 
le Congrès de la loi Nica, qui lie les aides financières des 
Etats-unis au Nicaragua aux progrès en matière de démocratie et 
de lutte contre la corruption. 
    "Les Etats-Unis sont profondément inquiets par les défauts 
du processus présidentiel et législatif, ce qui a empêché la 
possibilité d'une élection libre et juste (dimanche)", a déclaré 
le porte-parole du département d'Etat Mark Toner. 
    Dans le communiqué diffusé par ses services, il accuse le 
gouvernement Ortega d'avoir écarté les candidats de l'opposition 
et d'avoir limité la surveillance des bureaux de vote, et de ne  
pas avoir invité d'observateurs internationaux. 
    "Nous continuons à demander au gouvernement nicaraguayen de 
respecter les pratiques démocratiques et notamment la liberté de 
la presse et les droits de l'homme universels au Nicaragua", a 
déclaré Mark Toner. 
    Les critiques du gouvernement américain reflètent les 
relations houleuses qu'entretiennent les deux pays depuis des 
décennies. 
    Daniel Ortega, qui a fait la guerre aux rebelles soutenus 
par les Etats-Unis, a dénoncé les années d'ingérence américaine 
quand il a mis son bulletin dans l'urne dimanche soir. 
    "Maintenant, c'est nous, les Nicaraguayens, qui décidons 
parce que nous n'avons plus un seul général yankee ici", a 
déclaré le chef de l'Etat sortant. "Ce sont nous, les 
Nicaraguayens, qui comptons les voix. C'est une démocratie 
souveraine."     
 
 (Lesley Wroughton à Washington et Enrique Pretel et Alexandra 
Alper à Managua; Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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