Nibali s'est déjà écroulé en troisième semaine...

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Nibali s'est déjà écroulé en troisième semaine...
Nibali s'est déjà écroulé en troisième semaine...
Dominateur depuis le début du Tour de France, Vincenzo Nibali file vers son premier sacre sur la Grande Boucle. Ses adversaires semblent résignés à faire craquer l'Italien qui a pourtant déjà connu une défaillance en troisième semaine d'un Grand Tour. C'était sur le Tour d'Espagne, en septembre 2013.

Dès la deuxième étape, Vincenzo Nibali mettait le reste du peloton à genoux à Sheffield. Solide maillot jaune depuis, excepté la parenthèse enchantée de Tony Gallopin le 14 juillet, l'Italien file tout droit vers la victoire finale à Paris, et un final en apothéose sur les Champs-Élysées. Leader du général avec plus de quatre minutes d'avance sur Alejandro Valverde, le Requin de Messine ne semble plus pouvoir être repris. Tous reconnaissent une évidente supériorité. Les côtes des Vosges et les cols des Alpes n'ont eu aucun effet sur le coureur Astana. Pas un rictus de douleur, quand Valverde, Bardet, Pinot ou encore Van Garderen ont tous traversé au moins une journée compliquée.

Horner avait fait craquer Nibali sur la Vuelta

Pourtant, un doute subsiste. Vainqueur de deux Grand Tour dans sa carrière (Giro en 2013 et Vuelta en 2010), Nibali n'a jamais fait mieux qu'une troisième place sur la Grande Boucle, en 2012, à plus de six minutes de Bradley Wiggins. Sera-t-il capable de cumuler les efforts trois semaines durant ? Rien ne semble pouvoir freiner sa marche en avant cette année, mais le passé de l'Italien incite à davantage de prudence. Pas plus tard que l'an dernier, en septembre, Nibali avait craqué dans la dernière semaine d'un Tour d'Espagne qui lui était promis.

A l'issue de la 15eme étape, Vincenzo Nibali dominait le général avec un avantage d'un peu moins d'une minute sur Chris Horner. Une avance bien moins importante que cette année, mais à l'époque déjà, jamais l'Italien n'avait été pris à défaut, à l'image d'un excellent contre-la-montre à Tarazona. Mais dès l'entame de la troisième semaine, le maillot rouge montrait d'inquiétants signes de fatigue. Pour la première fois depuis le départ de la Vuelta, Nibali cédait du terrain à ses concurrents lors du final de la 16eme étape. Plus que 28 secondes d'avance sur Horner. Entre Burgos et Pena Cabarga, deux jours plus tard, le leader d'Astana connaissait un nouveau coup de mou dans les derniers kilomètres. L'écart se réduisait alors à trois petites secondes au général.

La dynamique était enclenchée. Eprouvé par les efforts des quinze premiers jours, Nibali n'était plus que l'ombre de lui-même et lâchait son trône au sortir de la 19eme étape pour finalement échouer sur la deuxième marche du podium final, à 37 secondes du vétéran américain de 41 ans. Pour Valverde, Bardet et Pinot, la tâche est immense. D'autant que le Tour de France et le Tour d'Espagne sont deux courses radicalement différentes. Mais si Nibali est pris d'un nouveau coup de mou, rien n'est impossible dans les Pyrénées. Là même où l'Italien avait perdu la Vuelta l'an dernier.

Par Rémi Farge

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