Nibali, le requin aux dents jaunes

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Nibali, le requin aux dents jaunes
Nibali, le requin aux dents jaunes
Ce dimanche, Vincenzo Nibali va remporter son premier Tour de France, après avoir brillé sur le Giro et la Vuelta. Un exploit qui lui permettra de rentrer dans le cercle très fermé des coureurs à avoir remporté les trois Grands Tours.

Jaques Anquetil, Felice Gimondi, Eddy Merckx, Bernard Hinault, Alberto Contador. Autant de grands noms qui ont marqué l'histoire du cyclisme. Moins connu, Vincenzo Nibali est désormais de la trempe de ces grands champions. Vainqueur de la Vuelta en 2010 et du Giro en 2013, « le Requin de Messine », comme on le surnomme, ajoutera ce dimanche le Tour de France à son palmarès et rentrera à son tour dans l'histoire de son sport. Une récompense suprême pour ce fils de commerçants, originaire de Messine, qui a connu la galère et a dû lutter dès son plus jeune âge pour réussir à atteindre son rêve. Dès l'âge de douze ans, le jeune Vincenzo avait dit à sa mère qu'il deviendrait coureur cycliste. Un destin finalement déjà tout tracé.

Le souvenir de la Vuelta 2013

Une 101eme édition du Tour de France que le champion d'Italie en titre aura dominé de la tête et des épaules. Âgé de 29 ans, le coureur de la formation Astana semble être au sommet de sa forme. Vainqueur de quatre étapes sur ce Tour de France (à Sheffield, à la Planche des Belles Filles, à Chamrousse et à Hautacam) Vincenzo Nibali n'a laissé aucune chance à ses concurrents. Débarrassé de Christopher Froome et d'Alberto Contador, contraints à l'abandon après des chutes, le Requin a littéralement avalé la jeune garde Française, composée de Thibaut Pinot et de Romain Bardet, et étouffé de sa classe, les vieux briscards, Alejando Valverde et Jean Christophe Péraud.

Un succès que Nibali est aussi allé puiser dans ces échecs passés. Comme lors du dernier Tour d'Espagne. Après une saison très éprouvante, ce descendeur reconnu décidait malgré tout de prendre le départ de la Vuelta 2013. Une course qu'il dominait avec le maillot rouge de leader sur les épaules quinze jours durant. Avant de s'effondrer physiquement la dernière semaine de course. Intelligent, stratège et malin, Nibali s'est forgé un caractère de gagnant en laissant filer son maillot rouge sur les épaules de Chris Horner.

« Montrer qu'il était le patron »

Aussi à l'aise sur les pavés qu'en montagne, le maillot jaune a voulu, selon les propos de son directeur sportif, Alexander Vinokourov, « montrer qu'il était le patron ». Et sur cette Grande Boucle, il a bien prouvé que c'était lui le patron. Bien sûr, les plus sceptiques diront qu'avec la présence d'Alberto Contador et de Christopher Froome, l'Italien n'aurait peut-être pas remporté ce Tour de France. Peut-être, mais au final, c'est bien lui qui a évité les chutes et su gérer trois semaines de courses éprouvantes d'une facilité déconcertante, et c'est à ça, aussi, qu'on reconnaît l'étoffe d'un champion.

Par Thomas Cahot

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