Neymar, l'homme providentiel

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Neymar, l'homme providentiel
Neymar, l'homme providentiel

On a d'abord craint le pire. Objet de toutes les attentions quelques jours avant le match face à la Croatie, la cheville de Neymar a bien failli hanter les nuits des supporters brésiliens après un échauffement en forme d'alerte. Mais l'attaquant auriverde va vite se relever pour éviter une nuit blanche à tout un pays. Il sera bien là au coup d'envoi du match de sa Coupe du Monde. Heureusement pour sa sélection. Mal embarqué après un premier quart d'heure compliqué, et le but de Marcelo contre son camp, le Brésil va s'en remettre au talent de son jeune prodige pour revenir dans le match. Cette fois-ci, il n'y aura pas de dribble chaloupé ou de geste technique incroyable, il suffira d'une simple mais efficace frappe du gauche pour tromper le longiligne Pletikosa. Pas le plus beau des gestes de Neymar mais un choix volontaire de l'intéressé. « Chaque fois que je frappe du gauche, c'est toujours des frappes écrasées, a-t-il assuré à l'issue de la rencontre. Mais j'ai voulu frapper entre les jambes du défenseur même si ma frappe a été lente à l'arrivée. » Première occasion pour le public de l'Arena Corinthians de se lever pour acclamer son héros. Il n'y en aura finalement pas beaucoup d'autres face à l'apathie offensive des auriverde.

Le plus jeune buteur du Brésil en Coupe du Monde depuis Ronaldinho en 2002

Au passage, il devient à 22 ans et 4 mois, le plus jeune buteur du Brésil en Coupe du Monde depuis Ronaldinho en 2002 (22 ans et 3 mois contre l'Angleterre). Malgré son jeune âge et son inexpérience en Coupe du Monde, Neymar semble gérer au mieux la pression. On le verra tout de même jouer avec le feu en écopant d'un carton jaune sur un coup de coude volontaire. « Mon carton ? Je vais jouer comme j'en ai l'habitude. Si je me mets ça en tête, ça sera pire », analyse-t-il avec sérénité au coup de sifflet final. Même s'il a réussi une saison en demi-teinte du côté du FC Barcelone (39 matchs, 14 buts et zéro trophée), le jeune Brésilien a prouvé maintes fois que son talent n'était pas usurpé. Il est bien la star offensive de la Seleçao, le seul joueur samba de cette équipe qui manque de talents bruts. Comme lors de la Coupe des Confédérations l'été dernier où il avait brillé de mille feux, Neymar a décidé de rejouer le rôle d'homme providentiel.

50 sélections et déjà 33 buts

En deuxième période, son talent ne sautera pas aux yeux. Mais il se trouve là au bon moment pour mettre au fond un penalty qui fait déjà office de première polémique dans ce Mondial. Qu'importe la manière de le transformer - Pletikosa étant tout proche de repousser sa tentative - Neymar donne l'avantage à son équipe au meilleur des moments. A cet instant-là, le Brésil est en souffrance. « La victoire, c'était le plus important et pour moi, débuter la Coupe du Monde avec deux buts, c'est vraiment quelque chose d'exceptionnel », analysera-t-il. Se rend-il compte alors qu'il est le premier Brésilien à réaliser un doublé lors de son premier match en Coupe du Monde depuis Amarildo en 1962 ? Certainement pas. Son insouciance le rend finalement plus fort. Pour sa 50eme sélection, Neymar a donné le tempo de sa Coupe du Monde. Déjà coqueluche de tout un pays, c'est une image d'icône qu'il est en train de se forger. Le temps d'un match de football, les Brésiliens ont certainement mis de côté leur misère quotidienne. Et ça aussi, c'est une belle victoire...

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