Nexans accroît son capital et supprime 206 postes en France

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NEXANS SUPPRIME 468 EMPLOIS
NEXANS SUPPRIME 468 EMPLOIS

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Le fabricant français de câbles Nexans a annoncé mardi un projet d'augmentation de capital de 284 millions d'euros et une restructuration de ses activités européennes passant par la suppression de 468 emplois, dont 206 en France, afin de redresser la barre dans un marché devenu très concurrentiel.

Le groupe, numéro deux européen du secteur, a également fait état d'un fléchissement de 1,9% de ses ventes au troisième trimestre et a revu en baisse ses objectifs de résultats pour 2013. Il table désormais sur une marge opérationnelle de 130 à 150 millions d'euros, alors qu'il l'attendait jusqu'ici autour de 185 millions.

Depuis ces annonces, l'action Nexans chute lourdement à la Bourse de Paris. Le titre, réservé à la baisse à l'ouverture, abandonne 14,96% à 36,1 euros vers 17h00, de loin la plus forte baisse de l'indice SBF 120 (+0,58%), dans des volumes très étoffés représentant déjà 7,7 fois ceux réalisés en moyenne sur une séance complète au cours des trois derniers mois.

"La publication est très inférieure à nos attente", commente Gilbert Dupont dans une note. "Le groupe émet un nouveau profit warning."

Né en 2000 de la scission des activités de câbles électriques d'Alcatel, Nexans souffre actuellement de la baisse des investissements de plusieurs gros clients, opérateurs d'électricité et industriels en tête. Il avait annoncé dès février préparer en Europe un plan d'environ 70 millions d'euros d'économies en année pleine et avait déjà fait état cet été d'un recul plus important que prévu de ses ventes en raison de la faiblesse de la conjoncture européenne.

"Nexans opère sur un marché mondial du câble confronté à des défis majeurs, notamment en Europe où l'absence de croissance, les surcapacités et une pression concurrentielle accrue appellent les filiales du groupe à envisager des mesures répondant à la situation", explique la société dans un communiqué.

Nexans attend de ces mesures 70 à 75 millions d'euros de marge opérationnelle supplémentaire à l'horizon 2017, et près de 50 millions en 2015. En revanche, les provisions liées à la restructuration devraient faire passer dans le rouge le résultat net du groupe au second semestre.

LE CHILIEN QUINENCO ET LA BPI EN RENFORT

Nexans va également lancer le 17 octobre une augmentation de capital de 284 millions d'euros qui sera souscrite par son principal actionnaire, le conglomérat chilien Quinenco, et par Bpi France Participations, entité de la banque publique d'investissements.

Quinenco devrait se renforcer à cette occasion au sein de Nexans puisqu'il compte détenir au minimum une participation de 24,9% du capital après l'opération, sous réserve de disponibilité des titres, contre 22,5% actuellement. Bpi détient pour sa part 5,5% du capital.

"Cette augmentation de capital permettra au groupe de renforcer son bilan, en améliorant la structure de son capital et en confortant ses ratios financiers (...) et de se donner de la souplesse dans l'exécution de ses initiatives stratégiques", a expliqué le directeur financier de Nexans Nicolas Badré au cours d'une téléconférence.

Nexans anticipe en 2014 une augmentation de sa dette, ressortie à 734 millions d'euros fin septembre, sous l'effet de ses grands projets d'investissements, désormais chiffrés à 600 millions d'euros sur trois ans et axés surtout sur le développement de nouveaux produits comme les câbles allégés.

Les mesures de restructuration annoncées concerneront la France, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie et la Belgique. Elles prévoient également 462 transferts de postes entre les sites - dont 87 en France - et toucheront essentiellement les activités 'haute tension terrestre' et une partie des câbles industriels du groupe. Elles étaient présentées dans la matinée aux syndicats, réunis en comité de groupe européen.

Nexans, qui emploie 14.700 personnes en Europe, dont 3.300 en France, prévoit parallèlement de créer une quarantaine d'emplois, notamment dans la recherche & développement et surtout sur le sol français.

Le groupe va ainsi étoffer son principal site de R&D à Lyon (Rhône) en y transférant des activités depuis l'Allemagne. Il cessera en revanche de produire des câbles à Lyon pour transférer ces fabrications sur d'autres sites, notamment Mehun-sur-Yèvre (Cher) et Autun (Saône-et-Loire).

Sur les implantations européennes concernées par ces mesures, aucune ne fermera en France. En Suisse en revanche, Nexans prévoit de fermer un site, et de fusionner deux sites en un à la fois en Suisse et en Italie.

Le marché mondial du câble est très fragmenté, mais il a fait récemment en Europe l'objet de grandes manoeuvres de concentration. Nexans, alors numéro un européen par le chiffre d'affaires, avait tenté en 2010 de racheter son concurrent néerlandais Draka, mais celui-ci était finalement tombé dans l'escarcelle de l'italien Prysmian, aujourd'hui leader du secteur.

Edité par Jean-Michel Bélot

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  • guerber3 le mardi 15 oct 2013 à 11:24

    L' entreprise remplace des salariés par des actionnaires...et il y en a qui luttent contre le chômage...!!!