Neuflize OBC innove pour ses clients privés

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Philippe Vayssettes, le président de la banque, va proposer aux investisseurs avertis de miser sur des placements différents, loin des soubresauts des marchés financiers. Du cinéma à l'art, en passant par la forêt.

Les Français n'ont jamais eu beaucoup de goût pour la Bourse. Malgré les beaux rebonds qu'elle leur a offerts, elle leur a laissé des cicatrices qui restent à vif. «Ceux qui ont vu leur capital amputé de manière importante en ont gardé des traces indélébiles. Beaucoup de nos clients veulent autre chose, ils ont de plus en plus de mal à supporter la volatilité des marchés que personne n'arrive plus vraiment à expliquer. Ils ne veulent plus d'une logique aussi court termiste», estime Philippe Vayssettes, le président de la banque Neuflize OBC. Décidé à se positionner autrement, il veut accompagner ses clients vers d'autres terres d'investissements patrimoniaux. «Les investisseurs privés sont de plus en plus à la recherche de placements différents, qui sortent de la gamme classique. Même si la gestion d'actifs reste incontournable, elle doit se réinventer et il faut que les banques privées s'adaptent et répondent à cette demande de diversification. Je suis persuadé que c'est un changement structurel majeur et que tout ce qui est lié aux grands marchés cotés, aux mandats de gestion, aux OPCVM va diminuer dans les patrimoines.»

Dont acte. La banque lance un placement d'un nouveau genre, un fonds de capital-risque (private equity) qui sera investi dans le cinéma, un monde que Neuflize OBC connaît bien puisque la banque finance ce secteur depuis 35 ans. Ce fonds destiné à financer des films indépendants (lire ci-dessous) n'est pas ouvert à tous, il est réservé aux investisseurs qualifiés et la mise minimale s'élève à 150 000 euros.

25 millions à lever

La banque espère lever 25 millions d'euros, un montant sans commune mesure avec celui des soficas, les sociétés de financement du cinéma sur lesquelles elle collecte quelques centaines de milliers d'euros par an. La cible d'investisseurs n'est d'ailleurs pas la même: avec ce nouveau fonds, Neuflize OBC vise les patrimoines plus importants, puisqu'il ne peut représenter que quelques pourcents d'un portefeuille. Il s'agit d'un placement de moyen teme, à risque, aucune garantie n'existe mais l'espoir de gain, le TRI (taux de rentabilité interne) est de l'ordre de 15 %. Il s'agit d'un fonds de capital-risque classique, sans aucun avantage fiscal. «Les entrepreneurs sont prêts à prendre des risques dans leur stratégie patrimoniale mais ils veulent les comprendre et c'est de plus en plus difficile sur les marchés financiers. Pourtant, pour ne pas perdre d'argent aujourd'hui, compte tenu de la fiscalité, il faut prendre des risques», explique Philippe Vayssettes.

Face à l'explosion de la fiscalité, il faut chercher des placements plus rémunérateurs. «Nous sommes en pleine répression financière, aujourd'hui une personne le plus lourdement imposée doit obtenir 9 % de rendement pour préserver son capital. Nous voulons accompagner nos clients, les amener à prendre une certaine dose de risques et à la leur expliquer», indique Philippe Vayssettes. Il a des projets dans d'autres secteurs. «Nous allons proposer des solutions nouvelles pour accompagner nos clients qui veulent investir dans la forêt, l'investissemnet foncier et dans l'art», annonce Philippe Vayssettes. Des projets dont certains ne se concrétiseront, comme dans l'art, qu'à partir de 2014. Dans les bâtiments de l'avenue Hoche à Paris, qui abritent une salle de conservation des œuvres d'art à l'hygrométrie étudiée, on cogite sur la meilleure façon d'innover là aussi. «Nous voulons trouver des solutions pour valoriser à long terme un patrimoine», résume Philippe Vayssettes.

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