Neuflize OBC crée un fonds pour les films familiaux

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C'est le pari que prend la banque Neuflize OBC avec CineFrance, la première société d'investissement de capital-risque consacrée au septième art en France.

Cette dernière qui a déjà levé 16 millions d'euros et vise 25 millions d'euros n'investira pas sur n'importe quel long-métrage. Elle vise le segment des films familiaux dont le budget tourne autour des 5 millions d'euros et qui s'adressent principalement au marché français. «Aujourd'hui, le système de financement du cinéma français est efficace et cette industrie ne souffre pas de problème de trésorerie», note Anne Flamant, directrice du département cinéma et audiovisuel de la banque Neuflize OBC. «Mais nous avons anticipé, il y a de cela deux ans déjà, une baisse des financements publics comme privés, sur ce type de films au budget moyen. Cette tendance va s'accentuer en 2013. En tant que banque du cinéma depuis plus de 30 ans, il nous semblait important d'être davantage présents en amont du financement des films.» D'autant que, pour le fonds Neuflize OBC Cinéma, ce type de films est parmi les plus rentables. En l'occurrence, c'est une rentabilité d'environ 15 % qui est attendue. Le fonds qui prévoit d'investir jusqu'à 1 million d'euros sur une vingtaine de films d'ici à trois ans mise sur «les talents confirmés», qu'ils soient producteurs, acteurs ou réalisateurs, pourvu qu'ils soient indépendants. Mieux encore, l'idée est que ces derniers soient associés au financement par une conversion d'une partie de leur salaire en droits sur les films. De quoi, selon Anne Flamant, «mutualiser les risques, endiguer le coût des films, et créer un meilleur équilibre entre les budgets et les recettes attendues».

Lancement d'une maison de production

Si le risque continue d'exister pour ces investissements qui ne peuvent dépasser 30 % du budget des films, le modèle se veut sécurisant. Car le fonds Neuflize OBC Cinéma crée dans le même temps une petite structure de production baptisée CineFrance. Cette dernière interviendra en tant que coproducteur et bénéficiera d'une partie des droits du film durant sept ans. Une période qui correspond au premier cycle d'exploitation d'une œuvre cinématographique.

Concrètement, le fonds qui entend être complémentaire des autres sources de financement interviendra dans le cas où une chaîne de télévision manquerait ou en accompagnement d'un des financiers de l'œuvre comme le distributeur notamment. Cela permettra de faire baisser les minima garantis et donc le montant des commissions avec, comme avantage certain, celui de permettre une remontée des recettes plus rapide pour les producteurs et coproducteurs. Aujourd'hui, une cinquantaine de projets seraient déjà parvenus à CineFrance dont le comité d'investissement est présidé par Étienne Mallet. Trois devraient voir le jour d'ici à la fin de l'année. Parmi eux, 9 mois ferme, le prochain film d'Albert Dupontel, qui sortira cet automne.

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