Neuf personnes tuées à Munich, l'agresseur s'est suicidé

le , mis à jour à 08:55
0
    * Le tireur présumé était seul 
    * Le mobile de l'attaque reste incertain, dit Steinmeier 
    * L'Elysée évoque une "attaque terroriste" 
 
 (Ajoute détails §8-10, 13) 
    par Joern Poltz, Jens Hack et Karin Strohecker 
    MUNICH, 23 juillet (Reuters) - Un homme germano-iranien âgé 
de 18 ans, qui a apparemment agi seul, a ouvert le feu vendredi 
soir dans un centre commercial de Munich, tuant neuf personnes 
lors de la troisième attaque violente survenue en Europe de 
l'Ouest en huit jours. 
    Armé d'un pistolet, l'homme a été trouvé mort après s'être 
apparemment suicidé d'une balle dans la tête, a annoncé samedi 
le chef de la police de la ville, Hubertus Andrae. Il était 
inconnu des services de police. 
    Les autorités allemandes ont jugé prématuré de qualifier 
l'acte de "terroriste" et n'ont pas de preuve immédiate d'un 
mobile à caractère islamiste.  
    La chancelière allemande Angela Merkel, son directeur de 
cabinet Peter Altmaier, et le ministre de l'Intérieur Thomas de 
Maizière ainsi que des responsables du renseignement devaient se 
réunir dans la journée pour faire le point. 
    La police avait dans un premier temps dit rechercher trois 
suspects en fuite, sur la base de témoignages.  
    Mais les autorités ont ensuite privilégié la piste d'un 
tireur solitaire, qui a ouvert le feu sur un restaurant de 
restauration rapide avant de se diriger vers le centre 
commercial Olympia, dans le nord de Munich. 
    Seize personnes, dont plusieurs enfants, ont été blessées 
dans l'attaque, trois d'entre elles sont dans un état critique, 
a poursuivi Hubertus Andrae. 
    Le chef de la police de Munich a déclaré que les enquêteurs 
n'avaient pas constaté de similitudes avec l'attaque à la hache 
commise par un jeune demandeur d'asile de 17 ans lundi dernier 
en Bavière, qui a fait cinq blessés et a été revendiquée par le 
groupe extrémiste sunnite Etat islamique.  
    Hubertus Andrae a ajouté qu'il était encore trop tôt pour 
savoir s'il s'agit d'un acte terroriste, comme l'a déclaré la 
présidence française, ou l'oeuvre d'un déséquilibré.  
     
    INDICES CONTRADICTOIRES 
    La police a dit examiner une vidéo dans laquelle apparaît le 
tireur et où l'on entend des échanges d'insultes racistes avec 
un autre homme. "Nous essayons de déterminer qui a dit quoi", a 
déclaré un porte-parole. 
    Munich revenait peu à peu après la normale samedi matin 
après une suspension des transports en commun et une fermeture 
des grands axes routiers. 
    Une perquisition a été menée tôt dans un appartement du 
quartier de Maxvorstadt, dans le centre de la capitale 
bavaroise, par des policiers équipés de matériel de vision 
nocturne et de chiens.  
    Le suspect y vivait avec ses parents, selon le quotidien 
Bild, qui a interrogé le voisinage.  
    Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, 
a déclaré que le mobile n'était pas clair. "Les motifs de cet 
acte abominable n'ont pas encore été complètement clarifiés, 
nous disposons encore d'indices contradictoires", a dit le 
ministre des Affaires étrangères. 
    Des responsables américains ont dit, requérant l'anonymat, 
que les premiers rapports des autorités allemandes ne faisaient 
état d'aucun lien apparent entre le suspect et le groupe Etat 
islamique (EI) ou d'autres organisations djihadistes. 
    Sur les réseaux sociaux, des partisans de l'EI se sont 
réjouis de l'attaque, qui n'a pas été revendiquée pour le 
moment. 
     
    L'ELYSÉE CONDAMNE uN "NOUVEL ACTE IGNOBLE" 
    L'Elysée a qualifié dans la nuit l'attaque de "terroriste" 
et François Hollande s'entretiendra samedi matin avec Angela 
Merkel, à laquelle il a envoyé un "message personnel" dès le 
début des événements, précise l'Elysée.  
    "L'attaque terroriste qui a frappé Munich, faisant de 
nombreuses victimes, est un nouvel acte ignoble qui vise à 
saisir d'effroi l'Allemagne après d'autres pays européens", a 
déclaré l'Elysée. 
    Il s'agit de la troisième attaque majeure en Europe de 
l'Ouest en huit jours, après l'attentat de Nice qui a fait 84 
morts le soir du 14 juillet et de l'attaque à la hache en 
Bavière. L'EI a revendiqué ces deux attaques. 
    Vendredi, des centaines de personnes étaient dans les rues 
de Munich, réunies dans le cadre d'une fête de la bière.  
    Elena Hakes, habillée d'une robe traditionnelle, était sur 
l'Odeonsplatz avec un ami. "Nous avons entendu ce qui était 
arrivé et nous avons décidé de partir, ça ne paraissait plus 
approprié de continuer à faire la fête", a-t-elle dit. 
    La journée de vendredi correspondait aussi au cinquième 
anniversaire du massacre de 77 personnes perpétré en Norvège par 
Anders Behring Breivik, devenu depuis lors un héros pour 
certaines franges d'extrême droite en Europe et en Amérique. 
    Le ministre norvégien des Affaires étrangères, Borge Brende, 
a dit sur Twitter: "Horrible tuerie à Munich. Qui a lieu le jour 
même où nous sommes en deuil et nous souvenons de la terreur 
consternante qui a frappé la Norvège il y a cinq ans." 
    Le centre commercial visé vendredi se trouve à proximité du 
stade olympique de Munich, où le groupe palestinien Septembre 
noir avait pris en otages 11 athlètes israéliens avant de les 
abattre, lors des Jeux olympiques d'été 1972. 
 
 (Avec Michelle Martin, Joseph Nasr, Tina Bellon, Andrea Shalal, 
Christina Amann, Jean-Baptiste Vey à Paris; Eric Faye, Julie 
Carriat et Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant