Nette hausse des coûts d'emprunt pour l'Italie

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Nette hausse des coûts d'emprunt pour l'Italie
Nette hausse des coûts d'emprunt pour l'Italie

par Valentina Za

MILAN (Reuters) - Le coût d'emprunt à trois ans de l'Italie est ressorti en nette hausse jeudi lors d'une adjudication, signe que l'aide promise au secteur bancaire espagnol n'a pas suffi à rassurer les investisseurs quant à la capacité des Européens à éviter une propagation de la crise de la dette dans la zone euro.

Au lendemain de la décision de Moody's d'abaisser de trois crans la note souveraine de l'Espagne, le Trésor italien a dû servir sur trois milliards d'euros de dette à échéance 2015 un rendement au plus haut depuis décembre, à 5,3% contre 3,9% le mois dernier.

Le Trésor italien a néanmoins levé au total le montant maximum visé lors de son adjudication - soit 4,5 milliards d'euros d'obligations de maturités 2015, 2019 et 2020 - à des rendements inférieurs à ceux constatés sur le marché secondaire.

"Ces adjudications seront considérées comme un succès à court terme, mais la tendance des rendements et des spreads nécessite une action au niveau politique", commente Peter Chatwell, stratège taux au Crédit agricole à Londres.

La taille relativement modeste de l'émission de dette a par ailleurs aidé à son bon déroulement, estiment les analystes.

Le Trésor italien a également levé 1,5 milliard d'euros de deux tranches de papier à échéance février 2019 et mars 2020.

L'offre de papier 2015 a été sursouscrite 1,59 fois. C'est légèrement plus qu'à la mi-mai (1,52) mais en deçà de la moyenne de 1,81 constatée cette année pour ce type d'émission.

Sur le marché secondaire, le rendement des obligations italiennes à dix ans s'est détendu après l'adjudication, pour évoluer autour de 6,25% contre 6,3% auparavant. Il reste néanmoins en hausse sur la séance.

Le rendement des obligations espagnoles à dix ans a lui dépassé pour la première fois dans la matinée le seuil de 7% qui avait contraint l'Irlande et le Portugal à demander, comme la Grèce, une aide internationale pour redresser leurs finances publiques.

"Le 'sauvetage' espagnol a changé la donne", commente Nicholas Spiro, directeur général de Spiro Sovereign Strategy.

"Les investisseurs ont un peu le sentiment que l'Italie est le prochain domino à devoir tomber en l'absence de mesures audacieuses et décisives au niveau de la zone euro pour juguler la panique."

Natalie Huet pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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  • pbanguet le jeudi 14 juin 2012 à 14:18

    il y en a ras le bonbon, personne ne demande à l'allemagne de payer seule, mais simplement de faire taire ces petits profiteurs de spéculateurs et donc si l4UE prêtait l'argent à disons 3% elle serait encore gagnante et de plus ce taux serait largement supportable par les états, mais évidemment dans ce cas nous'n'avons plus besoin de ceux qui se goinfrent, j'espère voir le jour ou nous y arriverons, et cela sans guerre intermédiaire