Netanyahu s'empare des questions économiques et sociales

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JERUSALEM, 9 décembre (Reuters) - Depuis sa première expérience à la tête du gouvernement israélien, en 1996-1999, puis depuis 2009, Benjamin Netanyahu s'est bâti une réputation de "faucon" sur les questions de sécurité et de politique étrangère. Mais à l'entame de la campagne en vue des législatives anticipées du 17 mars, le chef du Likoud s'est déplacé sur le terrain économique et social, promettant de supprimer la TVA sur les produits de première nécessité comme le lait, le pain, le fromage et les oeufs. Cette annonce, faite lundi lors d'une conférence sur l'économie à Tel Aviv, est une réponse directe au centriste Yaïr Lapid, son ex-ministre des Finances qu'il a limogé la semaine dernière, et aux autres candidats centristes qui vont se focaliser sur le coût de la vie. Avant d'être débarqué du gouvernement, Lapid plaidait en faveur d'une réduction de la TVA sur les transactions immobilières pour les primo-accédants. En avançant sa propre initiative, Netanyahu a souligné que "des millions de nos concitoyens en profiteraient chaque année" et que sa mesure coûterait 2 milliards de shekels aux caisses de l'Etat (400 millions d'euros environ), soit un tiers de moins que le plan Lapid sur la TVA en vigueur dans l'immobilier. Si les questions de sécurité continuent d'occuper un rang élevé dans les préoccupations de l'électorat, les sondages tendent à montrer que le coût de la vie sera le sujet prioritaire des prochaines élections. D'après une étude réalisée pour la chaîne de télévision Channel 10, 48% des Israéliens se détermineront en fonction du programme socio-économique des partis en lice. "De nombreuses personnes en Israël en ont assez des questions liées à la politique de sécurité et à la politique étrangère. Ils attendent des progrès sur les questions économiques et sociales", note Gideon Rahat, qui enseigne la science politique à l'Université hébraïque. En janvier 2013, lors des précédentes élections, Lapid et son parti centriste Yesh Atid avaient créé la surprise, devenant avec 19 des 120 sièges de la Knesset le premier groupe représenté au Parlement. D'après les intentions de vote, Lapid semble mal embarqué pour rééditer sa performance, les instituts de sondage, à ce stade de la campagne, ne le créditant guère que de neuf élus dans la prochaine Knesset. Mais une autre personnalité politique semble en plein essor. Ancien ministre des Communications de Netanyahu et ex-membre du Likoud, Moshe Kahlon pourrait obtenir douze élus. Les électeurs lui savent gré d'avoir fait baisser considérablement les tarifs des téléphones mobiles ces deux dernières années. (Luke Baker; Henri-Pierre André pour le service français)

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