Net ralentissement de l'économie britannique post-Brexit

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L'ÉCONOMIE BRITANNIQUE POST-BREXIT MARQUE LE PAS
L'ÉCONOMIE BRITANNIQUE POST-BREXIT MARQUE LE PAS

par Andy Bruce

LONDRES (Reuters) - L'économie britannique semble subir sa plus forte contraction depuis la crise financière mondiale après le vote du 23 juin pour la sortie du pays de l'Union européenne, montrent les premiers résultats de l'enquête mensuelle Markit auprès des directeurs d'achats.

L'indice PMI "flash" du secteur des services, l'un des rares soutiens à la croissance ces derniers temps, est tombé à 47,4 pour juillet après 52,3 en juin, subissant la plus forte baisse mensuelle depuis le début des enquêtes et revenant à son plus bas niveau depuis mars 2009. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un chiffre de 49,2.

Le PMI manufacturier a quant à lui reculé à 49,1 après 52,1 en juin, au plus bas depuis février 2013.

L'indice "flash" composite, qui combine services et secteur manufacturier, est revenu à 47,7 après 52,4, son plus bas niveau depuis avril 2009.

La livre sterling a accusé le coup, cédant 0,43% contre la devise américaine à 1,3175 dollar après la publication de ces données tandis que le rendement des "gilts", les obligations du Trésor britannique, reculait.

"C'est la première enquête d'envergure sur l'activité économique, et c'est mou. Prise à la lettre, elle implique une période de contraction de l'économie", a commenté Philip Shaw, économiste d'Investec. "Il est peut être un peu tôt pour tirer des conclusions définitives mais il semble que la seconde partie de l'année sera plus faible que la première."

Markit estime qu'un maintien des indices PMI à leurs niveaux de juillet conduirait à une contraction de l'économie britannique de 0,4% au troisième trimestre par rapport au trois mois précédents, une réduction de l'activité sans équivalent depuis la crise de 2008-2009.

"Il y a eu une détérioration spectaculaire de l'activité en juillet", note le chef économiste de Markit, Chris Williamson. "Le ralentissement, qu'il se manifeste par des annulations de commandes, par le manque de nouvelles commandes ou par le report voire l'annulation de projets, a été le plus souvent attribué d'une manière ou d'une autre au Brexit".

Plusieurs enquêtes, dont l'une a été publiée mercredi par la Banque d'Angleterre, ont fait ressortir une forte hausse de l'incertitude mais un recul assez limité de l'activité jusqu'à présent.

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, a prévenu que la Banque d'Angleterre devrait sans doute arbitrer entre le risque d'un ralentissement de la croissance et celui d'une inflation plus élevée avec le Brexit.

Le nouveau ministre des Finances, Philip Hammond, a quant à lui déclaré vendredi que Londres pourrait si nécessaire réajuster sa politique budgétaire pour tenir compte des retombées du vote sur le Brexit.

(Andy Bruce, Marc Angrand et Marc Joanny pour le service français)

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