Nestlé envisage d'augmenter le temps de travail en Suisse

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ZURICH (Reuters) - Nestlé réfléchit à des mesures pour accroître sa productivité en Suisse, y compris à une augmentation du temps de travail, après l'abandon du cours plancher du franc par la Banque nationale suisse (BNS), a déclaré le responsable des activités en Europe du géant suisse de l'agroalimentaire.

La décision surprise de la BNS en janvier a entraîné une envolée du franc et un plongeon de la Bourse, les investisseurs s'inquiétant de ses conséquences sur une économie tournée vers les exportations.

"Nous devons discuter de tout, des retraites, du gaspillage dans la production, d'une meilleure utilisation des capacités mais aussi du temps de travail, par exemple une augmentation de 42 heures à 44", a déclaré Luis Cantarell, responsable des activités en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord de Nestlé, cité par le journal Schweiz am Sonntag.

Nestlé emploie plus de 10.000 salariés en Suisse, où son chiffre d'affaires s'élève à 1,5 milliard de francs suisses, selon ce journal.

Le groupe de Vevey n'envisage toutefois pas de verser des salaires en euros, y compris pour ses salariés transfrontaliers, a ajouté Luis Cantarell.

Dans ce même journal, le patron de Swatch, premier fabricant de montres au monde, affirme que son entreprise ne sera pas fortement affectée par l'abandon du cours plancher de 1,20 franc pour un euro car elle est plus sensible à l'évolution du taux de change avec le dollar américain et le yuan chinois.

Nick Hayek, président de la direction générale de l'horloger, ajoute que Swatch n'envisage pas de baisser les salaires ni de profiter du dispositif mis en place par le gouvernement permettant aux entreprises de réduire leur production et le temps de travail de leurs employés sans perte de salaires pour ces derniers.

Il réclame une réforme du fonctionnement de la BNS, en laissant notamment entendre que sa direction générale, composée de trois membres, est trop petite et déconnectée de la réalité.

"La BNS doit rester indépendante. Mais elle ne devrait pas prendre de décision dans une tour d'ivoire, sans connection avec la réalité", dit Nick Hayek, en plaidant pour que la direction générale soit composée de cinq ou sept "personnalités très différentes, pas seulement des professeurs et des théoriciens".

(Alice Baghdjian; Bertrand Boucey pour le service français)

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