Nestlé : développement massif dans la santé

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Le leader mondial de l'agro-alimentaire annonce la création d'une filiale et d'un institut de recherche spécialisés dans la nutrition personnalisée. Nestlé prévoit d'investir des millions de francs suisses dans ce nouveau terrain de développement.

La santé, nouveau cheval de bataille des groupes agro-alimentaires. Alors que Danone s'efforce de mettre en avant les bénéfices nutritionnels de ses produits, son grand concurrent Nestlé annonce ce lundi la création d'une filiale et d'un institut de recherche en sciences de la santé à partir du 1er janvier prochain. Avec Nestlé Health Sciences S.A. et Nestlé Institute of Health Sciences, le groupe suisse entend «cibler une nouvelle industrie située entre alimentation et pharma», annonce-t-il dans un communiqué.

«Ces deux organisations séparées donneront à Nestlé la capacité de développer le domaine novateur de la nutrition personnalisée fondée sur les sciences de la santé, pour prévenir et traiter des problèmes de santé tels que le diabète, l'obésité, les maladies cardio-vasculaires et la maladie d'Alzheimer», ajoute le groupe.

Un marché porteur

Après le rachat, début août, de la société Vitaflo spécialisée dans la nutrition médicale, Nestlé effectue un bond en avant dans le secteur de l'alimentation santé. Luis Cantarell, futur directeur général de la nouvelle filiale, a déclaré lors de la conférence de presse du groupe que Nestlé Health Sciences se concentrera sur les maladies chroniques pour lesquelles «les solutions nutritives sont plus efficaces et moins coûteuses que les solutions médicamenteuses». Prenant pour point de départ les difficultés des systèmes de santé à travers le monde, le groupe entend agir sur la prévention par l'alimentation. Et le marché, émergent, est extrêmement porteur selon Nestlé qui évoque 100 à 150 milliards de francs suisses, ou davantage.

La nouvelle filiale «Nestlé Health Science», détenue à 100% par Nestlé, possèdera son propre conseil d'aministration. Le nouveau dispositif intègrera la division «Nutrition» du groupe déjà existante, dont le chiffre d'affaires l'année dernière s'est élevé à 1,6 milliard de francs suisses (1,2 milliard d'euros).

Luis Cantarell, responsable de la zone Amériques du groupe depuis septembre 2008, a été désigné directeur général de la nouvelle filiale. Conséquence logique, Nestlé a annoncé la nomination d'un nouveau directeur général de la zone Amériques: l'Américain Chris Johnson, qui dirigeait la zone Japon du groupe.

Des millions de francs suisses dans le nouvel institut

Le Nestlé Institute of Health Sciences sera créé à l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), qui avait déjà créé deux partenariats avec Nestlé. Le groupe annonce qu'il «prévoit d'investir des centaines de millions de francs suisses au cours des dix prochaines années pour construire un institut des sciences de la santé de classe mondiale». Le groupe a évoqué plus précisément 500 millions de francs suisses (377 millions d'euros) sur les cinq prochaines années.


La recherche portera sur «les domaines pertinents de la science biomédicale et traduira cette connaissance en stratégies nutritionnelles en vue d'améliorer la santé et la longévité».Plus précisément, l'institut de recherche se concentrera dans un premier temps sur quatre domaines : l'obésité, le diabète, les trouvles neurologiques et le vieillissement. Les deux premiers constitueront le «domaine de prédilection» de l'institut selon le professeur Emmanuel E. Baetge. «L'objectif sera de traduire la recherche biomédicale centrée sur les maladies en une nutrition personnalisée qui s'appuie sur les sciences de la santé».

Intégré au réseau R&D de Nestlé, le nouvel institut sera dirigé par Emmanuel E. Baetge, professeur spécialisé dans la neuroscience, la thérapie génique et les troubles du métabolisme et ancien directeur scientifique de ViaCyte, une biotech californienne. A terme, 50 à 100 personnes pourraient travailler travailler au sein de l'institut.

Avec ce dispositif multidisciplinaire, Nestlé espère accélérer la recherche sur les liens entre l'alimentation et la santé et prendre de vitesse ses concurrents. «Dans dix ans, nous serons numéro 1 dans ce domaine», prédit Luis Cantarell. Reste pour Nestlé, qui admet utiliser de l'huile de palme, à assurer une cohérence au sein de ses activités.


Rumeurs d'acquisitions

L'annonce de la conférence de presse de Nestlé en fin de semaine a suscité de nombreuses rumeurs. Le groupe suisse, propriétaire à 31% de L'Oréal et lié par un pacte d'actionnaire avec la famille Bettencourt jusqu'en 2014, allait-il modifier sa participation ? Le titre L'Oréal a gagné plus de 2% jusqu'à ce que Nestlé démente tout lien entre la conférence et le groupe de cosmétiques. Le directeur général de Nestlé a réaffirmé en marge de la conférence de presse le statu quo sur le pacte d'actionnaires.

Autre motif de spéculation: les nouvelles liquidités issues de la vente d'Alcon à Novartis le mois dernier. Le groupe suisse dispose en effet de 28 milliards de dollars de trésorerie supplémentaire. Les spéculations sont donc allées bon train sur l'acquisition d'une participation dans Yoplait dont le fonds d'investissement PAI propriétaire à 50%, souhaite se désengager. Certains ont également évoqué une opération sur le laboratoire Ipsen.

A la Bourse de Zurich, les investisseurs ont peu réagi à ces annonces. Le titre Nestlé est en légère hausse de 0,19% à 52,80 francs suisses à la clôture.

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