Népal : au c?ur d'une caste d'intouchables, épisode 3

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Sunita Badi, 17 ans, mariée, un enfant. Traditionnellement, les filles sont mariées jeunes. C?est parfois un moyen pour éviter qu?elles ne se prostituent.  
Sunita Badi, 17 ans, mariée, un enfant. Traditionnellement, les filles sont mariées jeunes. C?est parfois un moyen pour éviter qu?elles ne se prostituent.  

La prostitution est une pratique complexe, produit de significations particulières en fonction des cultures. "Les frontières qui séparent intérêts et sentiments, contraintes et plaisirs, égalité et domination sont ténues", analysent les chercheurs de l'École des hautes études en sciences sociales (EHSS) (1).

Le sexe pour s'émanciper

On peut penser que les femmes badis ont, à travers les transactions sexuelles, cherché à construire les conditions sociales de leur émancipation, sans pour autant acquérir toujours valorisation et dignité aux yeux des hommes. Les mariages intercastes, se pratiquant souvent hors du cercle familial, leur ont donné un moyen d'exister socialement, de fonder une famille, tout en échappant à la dépendance de la belle-famille, qui, si elle les avait acceptées, les aurait cantonnées dans des rôles de bonnes à tout faire : servir le mari, le nourrir, entretenir sa fertilité, assurer l'engendrement, nettoyer l'étable, couper les fourrages, aller chercher l'eau au puits?. Rien ne dit, néanmoins, qu'au sein du foyer distant, la femme ne retrouve pas le statut social de la femme dans la société népalaise en général, "qui n'est pas celui d'une très grande liberté, dans les premières années qui suivent le mariage, et ce quel que soit le rang social, même les plus élevés, explique Rémi Bordes, anthropologue au Centre d'études himalayennes. Ce n'est qu'ensuite, lorsque les femmes auront eu plusieurs...

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