Nelson Mandela dans un état "critique"

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L'ÉTAT DE NELSON MANDELA S'EST DÉGRADÉ
L'ÉTAT DE NELSON MANDELA S'EST DÉGRADÉ

par Jon Herskovitz

JOHANNESBURG (Reuters) - Les Sud-Africains semblaient se préparer lundi à dire adieu à Nelson Mandela, héros de la lutte contre l'apartheid et premier président noir de leur histoire, dont l'état de santé est désormais jugé "critique".

Hospitalisé depuis 17 jours à Pretoria pour une infection pulmonaire, "Madiba", qui est âgé de 94 ans, se trouvait jusqu'ici dans un état "grave mais stable", selon la présidence sud-africaine. La situation s'est aggravée au cours du week-end.

Le président Jacob Zuma s'est rendu à son chevet dimanche soir, accompagné du vice-président du Congrès national africain (ANC, au pouvoir), Cyril Ramaphosa.

"Les médecins font tout leur possible pour assurer son bien-être et son confort", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

"Nous tous dans le pays devons nous faire à l'idée que Madiba est vieux maintenant. A mesure qu'il avance en âge, sa santé lui pose de plus en plus de problèmes.

"Etant donné l'heure, il dormait déjà. Nous l'avons vu, nous l'avons observé, puis nous avons eu une petite discussion avec les médecins et avec sa femme (Graca Machel). Je ne crois pas être en mesure de fournir plus de détails. Je ne suis pas médecin", a poursuivi le chef de l'Etat.

Dans un communiqué, la présidence a demandé aux Sud-Africains et au monde entier de prier pour Nelson Mandela "en cette période difficile".

"Si son heure est venue, il peut s'en aller. Que Dieu le garde", commente Petunia Mafuyeka, une infirmière croisée lundi matin sur le chemin de son travail à Johannesburg.

"Il nous manquera énormément, ajoute-t-elle. Il a lutté pour nous apporter la liberté. Pas un jour ne passera sans que nous ne pensions à lui. Lorsqu'il partira, je pleurerai."

VISITE D'OBAMA

Depuis la fin de son unique mandat de président, en 1999, Nelson Mandela, qui partage sa vie entre sa maison de Johannesburg et son village natal, Qunu, dans la province du Cap-Oriental, s'est tenu à l'écart de la vie politique et sa mort ne devrait pas avoir de conséquence forte sur la principale puissance économique africaine.

Mais certains craignent une forme d'"acharnement thérapeutique" pour l'une des personnalités les plus influentes du XXe siècle, qui en est à sa quatrième hospitalisation en six mois.

"Je redoute qu'ils le maintiennent en vie. Pour moi, il faut le laisser partir", dit ainsi Doris Lekalakala, qui travaille dans le tertiaire. "Il est âgé à présent. Laissons la nature suivre son cours, il doit pouvoir se reposer."

La dernière apparition en public de Nelson Mandela remonte à la finale de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud, en juillet 2010.

En avril, la télévision publique a diffusé quelques images de la visite que lui ont rendue Jacob Zuma et d'autres dirigeants de l'ANC. On le voyait assis sur un fauteuil, immobile, sans expression, la tête calée par un coussin.

Premier président de l'Afrique du Sud multiraciale en 1994, Nelson Mandela souffre de longue date de problèmes pulmonaires liés à son séjour dans le bagne de Robben Island, au large du Cap, puis à la prison de Pollsmoor, dont il a été libéré en 1990 après 27 années de détention.

Barack Obama doit effectuer cette semaine une visite en Afrique du Sud à l'occasion d'un déplacement qui le conduira également au Sénégal et en Tanzanie. Le fait que "Madiba soit malade" n'empêchera pas la venue du président américain, a assuré Jacob Zuma.

Avec Pascal Fletcher, Jean-Stéphane Brosse, Hélène Duvigneau, Henri-Pierre André et Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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  • silsil le lundi 24 juin 2013 à 15:30

    on s'enfou il a presse 100 ans je regrettes plustot les 50 ans ou 60 mais pas les 100 ans :)

  • picokrab le lundi 24 juin 2013 à 13:56

    @M566619 à vous lire je suppose que vous êtes noir ayant vécu en Afrique du Sud et que vous avez bénéficié comme tous les autres noirs des bienfaits de l'apartheid.

  • M566619 le lundi 24 juin 2013 à 13:24

    N'oublions pas les condamnations de sa femme et l'ANC qui tuaient leurs opposants noirs en leur passant un pneu enflammé autour du cou. Nelson et son parti sont un ramassis de voyous. Et ne nous apitoyons pas sur ses longues années de prison. S'il y a survécu c'est que le régime des Blancs n'était aussi dur que ça. Depuis la criminalité a explosé et l'Afrique du Sud régresse même si cela n'est pas flagrant tellement les Européens avaient développé le pays