Négocier avec son banquier comme le fait une entreprise

le
0

(lerevenu.com) - «Il faut oser se présenter à son banquier avec des exigences élevées», a conseillé Pascal Ferron, président de Fimecor Baker Tilly. Devant un parterre de chefs d'entreprise et de directeurs financiers, l'expert-comptable a expliqué, le 11 octobre dernier: «Trop heureux d'obtenir un crédit, nombre de chefs d'entreprise n'osent négocier, ni les taux, ni les frais. C'est une grave erreur. Car ce n'est pas tant de l'activité de prêt que la banque tire l'essentiel de ses revenus mais de la récurrence des commissions», a-t-il expliqué. C'est une évolution qui va d'ailleurs s'accentuer du fait des contraintes règlementaires de fonds propres : «La marge bénéficiaire est loin d'être le c?ur de métier des banques, car elles privilégient plutôt les revenus réguliers de leurs services», a confirmé Olivier de Portzamparc, responsable financements spéciaux de la Banque Tarnaud.

Aux entrepreneurs agacés de l'empilement des frais financiers, Michel Gire, président de GMBA Baker Tilly, a rappelé que «la banque [était] le seul fournisseur qui établit sa facture et se la paye tout seul». Par conséquent, la seule solution, bien que fastidieuse, reste de lire les tarifs. Et de confier, à chacune de ses banques, les opérations pour lesquelles elle est la moins chère, ce qui n'empêche pas, en outre, de négocier les conditions du prêt. Encore faut-il vérifier que «les commissions appliquées soient bien celles négociées. Car il suffit d'une nouvelle opération, ou d'un changement de conseiller, pour que, sans crier gare, le tarif standard soit de nouveau appliqué».

N'hésitez pas non plus à écouter la concurrence: «Acceptez toujours les rendez-vous proposés par une banque à la recherche de nouveaux clients.» Autre précieuse recommandation des experts comptables: empruntez quand tout va bien, car avec une situation financière saine pour l'entreprise - donc une bonne santé pour les particuliers - on obtient toujours de bien meilleures conditions. En outre, n'hésitez pas à donner de vos nouvelles régulièrement à votre banquier, même quand tout va bien: il sera mieux disposé à votre égard en cas d'incident de paiement.

Épargnants «multi-bancarisés», faites comme les entreprises: comparez les frais et demandez des simulations qui en tiennent compte, même si votre conseiller-clientèle rechigne à le faire. Évaluez aussi ses conseils en expliquant bien votre situation familiale, vos contraintes budgétaires présentes et futures (études des enfants, travaux, etc.).

Aline Fauvarque

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant