Négociations salariales du secteur des transports dans l'impasse

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NÉGOCIATIONS SALARIALES DU SECTEUR DES TRANSPORTS DANS L'IMPASSE
NÉGOCIATIONS SALARIALES DU SECTEUR DES TRANSPORTS DANS L'IMPASSE

PARIS (Reuters) - Les négociations salariales dans le secteur du transport de marchandises (TRM) étaient dans une impasse mardi soir après l'échec des discussions dans la journée, les patrons n'ayant pas l'intention de se rendre à une réunion tardive dont la tenue a été annoncée par les syndicats.

"Les négociations vont reprendre à 23h00", a dit Jérôme Vérité, délégué CGT de l'intersyndicale, ajoutant espérer que l'Etat amènerait le patronat à faire de nouvelles propositions "plus raisonnables".

Il ne devrait pas être entendu, aucune des organisations patronales n'ayant l'intention de revenir si rapidement autour de la table de négociation.

"La partie patronale ne se rendra pas à une réunion convoquée à 23h00", a dit à Reuters Nicolas Paulissen, délégué général de la FNTR, qui présente un front uni avec l'Unostra et la TLF. "On s'est quittés sur un constat d'échec à 18h00, les délais sont trop courts", a-t-il ajouté, disant que la FNTR n'avait pas reçu de convocation.

De son côté, la quatrième organisation patronale, l'OTRE, a dit refuser "de revenir sous la contrainte".

L'échec devrait donc être entériné par tous, quand bien même les syndicats menaçaient de durcir le mouvement entamé dimanche et qui a entraîné de nombreux blocages jusqu'à mardi matin.

"On est là pour négocier. Après, si le patronat, dans une situation de conflit, ne vient plus aux convocations, je ne sais pas ce qu'il peut se passer demain. Si on veut radicaliser le mouvement, c'est le meilleur moyen", a dit Jérôme Vérité.

L'intersyndicale a toutefois appelé à la levée des barrages pour la nuit, afin de laisser le temps du repos aux routiers engagés dans le mouvement de grève reconductible, qui vise à obtenir une revalorisation salariale de 5%.

DEUXIÈME ÉCHEC EN UN MOIS ET DEMI

Le patronat avait présenté dans la journée des propositions améliorées par rapport à décembre mais ne voulait pas aller au-delà de 1% à 2% selon les échelons de salaire, invoquant les difficultés des transporteurs, le contexte de faible croissance et la concurrence des transporteurs venus d'Europe de l'Est.

Les revendications des syndicats, "comme il a été indiqué par toutes les organisations patronales, sont incompatibles avec les réalités économiques des entreprises du TRM", disaient la FNTR, l'Unostra et la TLF.

"Aucun secteur économique en France n'est d'ailleurs en capacité, dans la situation de crise actuelle, d'accorder une revalorisation à cette hauteur. FNTR, TLF et UNOSTRA déplorent l'absence de constat partagé sur la situation économique du secteur", ajoutaient-elles dans un communiqué.

La précédente négociation annuelle obligatoire (NAO), il y a un mois et demi, avait déjà échoué

Pour peser sur les discussions, l'intersyndicale CGT, FO, CFTC et CFE-CGC avait multiplié lundi les barrages filtrants et les blocages de sites industriels, de dépôts pétroliers et de centrales d'achat, avant d'interrompre les actions en fin de journée.

Mais dès mardi matin, de nouveaux barrages avaient été dressés en Ile-et-Vilaine, dans le Calvados, dans le Pas-de-Calais, en Gironde, et dans les Bouches-de-Rhône, selon le Centre national d'informations routières.

Après la zone d'activité de Cestas au sud de Bordeaux lundi, une cinquantaine de routiers avaient bloqué mardi matin les accès et les sorties des poids lourds de l'importante zone de fret de Bruges.

Jérôme Juge, de FO transports Gironde, avait alors dit à Reuters que le blocage durerait durant toute la première journée de négociation.

Dans les Bouches-du-Rhône, d'autres routiers ont bloqué l'accès à la raffinerie Total de La Mède, interdisant la sortie des camions citernes du dépôt pétrolier. Des grévistes ont également installé un barrage filtrant aux abords de la gare TGV d'Aix-en-Provence.

Dans le Pas-de-Calais, des routiers ont bloqué les bretelles d'accès à la plate forme multimodale (transports routier, ferroviaire et fluvial) de Dourges, près d'Hénin-Beaumont.

(Gérard Bon et Grégory Blachier, avec Claude Canellas à Bordeaux et Jean-François Rosnoblet à Marseille, édité par Yves Clarisse et Tangi Salaün)

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