Négociations en Grèce pour former un gouvernement de coalition

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Négociations en Grèce pour former un gouvernement de coalition
Négociations en Grèce pour former un gouvernement de coalition

par Renee Maltezou et George Georgiopoulos

ATHENES (Reuters) - Les conservateurs de Nouvelle Démocratie (ND), les socialistes du Pasok et la Gauche démocratique (GD) poursuivent mardi en Grèce leurs discussions en vue de former un gouvernement de coalition désireux d'obtenir un aménagement des programmes d'austérité convenus avec les bailleurs de fonds internationaux.

Antonis Samaras, le chef de file de file de Nouvelle Démocratie, parti arrivé en tête des élections législatives de dimanche, a souligné dès lundi que la Grèce respecterait ses engagements envers l'Union européenne, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne.

"Nous devrons dans le même procéder aux amendements nécessaires à l'accord de renflouement, afin de soulager la population face à un chômage persistant et aux énormes sacrifices qui lui sont demandés", a-t-il cependant ajouté.

Des propos qui ont recueilli l'assentiment d'Evangelos Venizelos, le numéro un du Pasok.

"La Grèce doit avoir un gouvernement aussi vite que possible et elle l'aura", a dit le dirigeant socialiste mardi matin à l'issue d'un entretien avec Fotis Kouvelis, responsable de la Gauche démocratique.

"Il est nécessaire de former une équipe de négociateurs pour s'occuper de la révision des termes les plus rigoureux de l'accord de financement", a-t-il ajouté.

Fotis Kouvelis, pour sa part, a souligné que plusieurs points restaient encore en suspens.

"Il y aura un gouvernement mais je ne sais pas s'il sera formé ce soir. Je pense que nous aurons un accord avant la fin de la semaine", a-t-il dit à la presse.

"Il y a encore des points en suspens concernant le programme du gouvernement et concernant les termes (du plan de sauvetage) dont la Grèce doit se désengager."

PAS DE NOUVEL ACCORD, DIT LA COMMISSION EUROPÉENNE

A Bruxelles, la Commission européenne a dit vouloir collaborer avec le futur gouvernement grec pour mettre en oeuvre les réformes et revitaliser l'économie mais elle a ajouté qu'il n'y aurait pas de nouvel accord avec Athènes au sujet des conditions attachées au plan d'aide international.

"Nous venons de définir un deuxième programme, donc personne n'évoque un nouveau protocole d'accord", a dit Amadeu Altafaj, porte-parole de la Commission.

Un responsable de l'Eurogroupe avait auparavant déclaré que certains détails du deuxième plan d'aide - de 130 milliards d'euros - accordé à la Grèce pouvaient être revus mais que les mesures nécessaires pour ramener la dette à un niveau raisonnable ne seraient pas révisées à la baisse.

Les termes de l'accord conclu avec Athènes sont "modifiables" et peuvent être "adaptés" mais ces changements font l'objet d'opinions divergentes au sein de la zone euro et en Grèce, a dit ce responsable sous le sceau de l'anonymat.

Les Etats-Unis, premiers contributeurs du Fonds monétaire international, se sont dits favorables à une révision du plan d'aide mais la chancelière allemande Angela Merkel s'oppose à tout allégement des mesures d'austérité exigées d'Athènes. Elle l'a encore répété lundi au premier jour du sommet du G20 à Los Cabos, au Mexique.

"Les dirigeants politiques doivent être bien conscients du fait que le prochain gouvernement sera celui de la dernière chance si on veut rester dans la zone euro", écrit mardi le quotidien grec de centre gauche Ta Nea.

"Le peuple grec est prêt à récompenser les partis qui réussiront à alléger les mesures d'austérité, il est aussi prêt à punir ceux qui feront entendre une voix discordante", ajoute-t-il.

MAJORITÉ PARLEMENTAIRE

A la demande du président Karolos Papoulias, Antonis Samaras s'est attelé lundi à la lourde tâche de former un gouvernement chargé d'éloigner le risque d'une faillite du pays.

Au chapitre des aménagements des accords internationaux, un responsable de Nouvelle Démocratie a déclaré lundi qu'Athènes allait demander à la troïka de ses créanciers d'étaler sur quatre ans et non plus deux les mesures d'austérité prévues pour réaliser 11,7 milliards d'euros d'économies.

Il est également prévu d'accélérer et d'étendre les programmes de privatisations.

ND est arrivée en tête aux élections législatives de dimanche avec 29,7% des voix contre 26,9% à la Coalition de la gauche radicale Syriza. La Gauche démocratique a obtenu dimanche 6,2% des voix et 17 élus.

Le chef de file de ND a appelé à la formation d'une grande coalition mais il a essuyé sans surprise le refus de Syriza, la Coalition de la gauche radicale, de rejoindre un gouvernement favorable au plan de renflouement du pays - une aide de 240 milliards d'euros et un effacement de dette de 107 milliards - en échange de sévères mesures d'assainissement des finances nationales.

Grâce à la prime de 50 élus accordée au vainqueur du scrutin, Nouvelle Démocratie dispose au Parlement de 129 élus contre 71 à Syriza. Avec le soutien du Pasok, autrefois tout puissant mais aujourd'hui en lointaine troisième position sur l'échiquier politique (12,3% des voix et 33 élus), et de la Gauche démocratique, Samaras peut s'appuyer sur une majorité de 179 députés à la Vouli, le Parlement monocaméral de 300 membres.

Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse

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