ND-des-Landes: vifs affrontements entre opposants et forces de l'ordre

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De vifs affrontements se sont déroulés lundi sur le site du projet d'aéroport contesté de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) après plusieurs mois de calme relatif, mais aucune opération d'évacuation n'avait débuté, soulignaient les autorités qui affirmaient juste "rétablir la circulation".

Trois gendarmes ont été blessés, dont l'un a été hospitalisé après avoir été atteint par un cocktail Molotov, et au moins un opposant anti-aéroport a été pris en charge par les secours. Deux manifestants ont été interpellés, selon la préfecture.

Elle a précisé qu'un gendarme avait été blessé à la mâchoire, tandis qu'un autre a été légèrement brûlé au coude et un troisième sérieusement atteint par des brûlures au 2ème, voire au 3ème degré, au visage.

Les opposants comptent "une quinzaine de blessés, dont un évacué par les services de secours, victimes d'éclats de grenades défensives tirées à tir tendu", a déclaré un opposant chargé de répondre à la presse.

Les heurts ont éclaté vers 07H00, non loin du carrefour de la Seaulce, l'habituel point de contrôle que les forces de l'ordre occupaient jour et nuit depuis fin novembre, mais qu'elles avaient quitté à la veille d'une manifestation pacifique samedi.

Les opposants affirment que les gendarmes ont voulu reprendre leur position habituelle sur ce carrefour.

De leur côté, la préfecture et les officiers de gendarmerie sur place déclarent que leurs hommes, placés à 1 km de leur position habituelle, ont été pris à partie. Selon un officier de gendarmerie, les opposants' divisés en quatre groupes, les ont assaillis' "50 de l'est, 50 du nord, 50 du sud et 200 à l'ouest".

Effectuant plusieurs charges précédées de sommations, puis de tirs nourris de grenades lacrymogènes, les gendarmes ont essuyé des tirs de cailloux et de cocktail Molotov, a constaté l'AFP à la mi-journée.

Sur le "Chemin de Suez", barré et tenu par les opposants depuis fin décembre, la première barricade a été enfoncée. "Il ne s'agit pas de procéder à des expulsions mais de se donner du champ par rapport au carrefour", a précisé le colonel François Alegre de la Soujeole, commandant la gendarmerie des Pays de la Loire.

A la mi-journée, plusieurs dizaines de véhicules de gendarmerie et quelque 200 gendarmes mobiles, étaient présents. Les forces de l'ordre ont entrepris d'enfoncer les barricades sur la route départementale 81, un axe qui traverse la zone du nord au sud. "Nous rétablissons la circulation", a précisé le colonel Alegre de la Soujeole.

Ces barricades avaient été construites ce week-end au moment d'une manifestation de "remise en culture" sur la zone du projet d'aéroport.

En fin d'après-midi, la dernière barricade bloquant la RD81 a été dégagée et un calme relatif était revenu, selon un photographe de l'AFP.

Molotov à bout portant

Au moment de la charge sur le Chemin de Suez, un homme d'une soixantaine d'années est venu au contact des gendarmes et des journalistes, demandant un arrêt de l'intervention et des "destructions". "Nous avons travaillé pendant quatre mois sur ces terres, pendant tout l'hiver, n'essayez pas d'avancer, prenez votre carrefour et faites ce que vous voulez de votre carrefour", a-t-il demandé, en se mettant à genoux devant gendarmes et caméras.

"Ils étaient là pour agresser des gendarmes", a souligné le colonel Frédéric Boudier, commandant du groupement de Loire-Atlantique. "Un gendarme mobile a été bousculé par un groupe dans un fossé, il a fait l'objet d'un jet à tir tendu et à bout portant d'un cocktail Molotov alors qu'il se trouvait à terre", a-t-il assuré.

A Nantes vers 16H00, quelque 200 personnes ont répondu à un appel à manifester. Après avoir bloqué le carrefour devant la préfecture de Loire-Atlantique pendant plus d'une heure, ils ont défilé en promenant un char de carnaval à l'effigie de Jean-Marc Ayrault, habillé en policier, tenant dans la main gauche un bouclier arborant une rose du PS, et un avion dans la main droite.

D'autres étaient prévus, notamment à Rennes, Saint-Brieuc, Tours, Lyon, Strasbourg, Brest, et Bordeaux.

"Une minorité (d'opposants, ndlr) sans doute, mais très radicale, ne trouve pas à son goût ce processus de concertation et la construction d'une sortie de crise", a estimé lors d'un point-presse le préfet de Loire-Atlantique, Christian de Lavernée.

Dans un communiqué à l'issue du week-end de remise en culture, les opposants avaient déclaré, en parlant des gendarmes qui avaient quitté leurs positions: "Soit ils nous virent, soit ils se cassent!", avant d'ajouter: "Et s'ils nous virent, on revient!".

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  • m.bouil4 le mardi 16 avr 2013 à 09:54

    Deux interpellations : c'est un petit score, à côté des 67 gardes à vue des opposants au mariage gay avant-hier. Valls est ridicule !

  • nayara10 le mardi 16 avr 2013 à 00:17

    Il n'y a pas de VERS ou d'Ékolo$ du gouvernement .Un vrai scandale ces algues de Vers

  • h.castel le lundi 15 avr 2013 à 22:43

    Pour Valls le vrai danger ce sont les femmes enceintes les enfants et les seniors qui manifestent contre le mariage omo