NBA: un long apprentissage en perspective pour Nando De Colo

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NANDO DE COLO CONTRAINT D'ÊTRE PATIENT EN NBA
NANDO DE COLO CONTRAINT D'ÊTRE PATIENT EN NBA

par Romain Brunet

LOS ANGELES (Reuters) - Après trois années passées en Espagne, à Valence, le Français Nando De Colo a rejoint la NBA et les San Antonio Spurs cette saison où il doit, pour le moment, s'habituer à rester assis au bout du banc.

Match après match, l'ancien Choletais se prépare minutieusement, s'échauffe avec sérieux, puis s'assoit en attendant que son entraîneur veuille bien le faire entrer en jeu.

Mais lors des deux derniers matches des Spurs, contre les Lakers mardi et face aux New York Knicks jeudi, Nando De Colo n'a pas disputé la moindre minute, pour la quatrième et cinquième fois en neuf rencontres.

"C'est sûr que ce n'est pas facile mais c'est comme ça", a-t-il déclaré à Reuters après le match face aux Lakers. "Pour le moment, le plus important c'est la victoire. Les minutes vont venir et il faudra être prêt à ce moment-là."

À 25 ans, l'arrière de l'équipe de France qui était l'un des joueurs majeurs dans son club espagnol ces dernières saisons se retrouve en NBA dans une situation qu'il n'avait plus connue depuis longtemps et doit, par conséquent, apprendre à rester patient.

"Je savais que je n'allais pas avoir vingt minutes de temps de jeu. Maintenant, on verra au fil des matches et le peu que je serai sur le terrain, il faudra que je montre que je suis capable d'apporter un plus à cette équipe et que je peux jouer", estime-t-il.

À la différence de son compatriote Tony Parker qui, lui, est devenu en un éclair un joueur majeur chez les Spurs, Nando De Colo a compris que son intégration ressemblerait davantage à celle d'un autre coéquipier, le Brésilien Tiago Splitter.

Ce dernier était une star en Espagne et a, lui aussi, dû faire ses preuves à son arrivée à San Antonio en 2010.

"La première année est difficile pour tout le monde. On doit apprendre comment les choses se passent ici. Le jeu est différent, les gens sont différents", explique Tiago Splitter.

"Tout est une question d'adaptation. Et lorsqu'on change de statut, ce n'est pas facile parce que tu avais l'habitude de toujours avoir la balle entre les mains, de prendre les tirs importants, et tout d'un coup tu te retrouves remplaçant et tu dois passer la balle à un autre", poursuit-il.

"LA CONCURRENCE EST RUDE"

"Le problème c'est que dans notre effectif, la concurrence est rude", ajoute Tony Parker, aujourd'hui leader incontesté de cette franchise.

"Il y a en effet beaucoup de joueurs au poste de Nando: Patty Mills, Cory Joseph, Gary Neal, Danny Green. Sur les postes 1 et 2, on est blindés."

À tel point que Gregg Popovich s'amuse devant les journalistes du cas du Français.

"Je ne peux pas vous dire ce que je pense de lui, je ne l'ai pas encore fait jouer", a-t-il répondu en plaisantant lorsque Reuters a voulu recueillir les premières impressions de l'entraîneur des Spurs sur son nouveau joueur.

"Je n'ai aucune attente particulière", a-t-il poursuivi, comme pour enfoncer le clou.

Nando De Colo a pourtant réalisé de belles performances durant les matches de pré-saison, marquant notamment un panier décisif contre les Atlanta Hawks et a même été comparé à l'Argentin Manu Ginobili par certains de ses coéquipiers pour sa vision du jeu et ses qualités de passeur.

Mais ces quelques rencontres et le peu d'entraînements effectués par l'équipe n'ont pas suffi pour lui assurer une place dans la rotation.

"En Europe, il n'y a pas forcément autant de matches mais il y a beaucoup d'entraînements collectifs", raconte le Français.

"Ici, on s'entraîne collectivement durant la pré-saison, c'est-à-dire dix à quinze jours, pas plus. Et après, les matches s'enchaînent donc tu n'as pas le temps de faire des heures d'entraînement. Je fais juste du travail individuel pour rester en forme mais c'est tout."

Le joueur originaire du Nord passe ainsi de nombreuses heures à travailler son tir avec les entraîneurs adjoints et entretenir son physique à la salle de musculation. Un travail de l'ombre qu'il espère voir être récompensé d'ici la fin de la saison.

"C'est une nouvelle expérience que je veux vivre à fond. La saison est longue, il y a 82 matches, donc au bout d'un moment je pense que je rentrerai sur le terrain et que je pourrai montrer ce que je suis vraiment capable de faire et ce que je peux apporter à cette équipe", espère-t-il.

En attendant, Nando De Colo peut compter sur le soutien de Tony Parker et de Boris Diaw, ses coéquipiers chez les Bleus et aujourd'hui chez les Spurs.

Les deux vétérans de la ligue n'hésitent pas à lui donner des conseils et à l'encadrer. C'est d'ailleurs Tony Parker qui a hébergé le nouveau venu lors de ses premières semaines à San Antonio, le temps que celui-ci trouve une maison.

Edité par Olivier Guillemain

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