NBA : Des Espagnols trop casaniers

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NBA : Des Espagnols trop casaniers
NBA : Des Espagnols trop casaniers

Sergio Llull a refusé l'offre des Houston Rockets, qui n'attendait que lui. Une décision pas forcément illogique tant le fantasque meneur espagnol du Real Madrid est attaché à la maison blanche. Une tendance que beaucoup de nos voisins ibériques suivent lorsqu'il est temps de rejoindre la NBA.

Ils ne sont que quatorze Espagnols à avoir foulé un parquet NBA depuis Fernando Martin en 1986. Un montant faible comparé à la niche de talents que constitue la péninsule ibérique. Surtout si, en plus, on y soustrait Serge Ibaka, Nikola Mirotic et Johnny Rodgers, nés hors d’Espagne mais naturalisés. Parmi la petite quinzaine de missionnaires, seuls Pau Gasol et José Calderon cumulent au moins dix saisons NBA. D’aucuns seront surpris de voir une nation de basket si prospère (ancienne championne du monde et d’Europe), seule rivale des Américains sur la scène internationale, ne pas envoyer plus de ses représentants outre-Atlantique. Cette saison, ils se comptaient sur les doigts d’une main, avec un contingent inférieur à celui des Canadiens, des Brésiliens ou des Australiens. S’ils ne sont pas aussi nombreux dans le championnat le plus compétitif de la planète orange, c’est forcément que quelque chose les retient.

Star en Euroleague, inconnu en NBA

D’abord, et surtout, parce que cette perception du grand public et de beaucoup de jeunes joueurs, français notamment, n’est pas forcément partagée au sud des Pyrénées. Le Real Madrid ou le FC Barcelone, présents au Final Four chaque année sauf accident, sont entourés d’une aura aussi importante que les franchises historiques nord-américaines. Les pépites espagnoles rêvent d’y faire leurs gammes quand beaucoup d’internationaux ne pensent qu’à traverser l’océan, et plonger dans le grand bain. En Espagne, la densité de la Liga et le prestige de l’Euroleague pèsent tout autant que la NBA. Les salaires et le palmarès plus encore. En 2012, en plein lock-out, Rudy Fernandez rentrait au bercail. Après une pige au Real Madrid, il plante les Hornets pour s’engager durablement avec les Merengues, un joli chèque de 2,8 millions d’euros par an en prime. Le double de ce qu’il percevait à Portland lors de ses trois premières saisons chez les Blazers. « NBA compatible », Rudy tire pourtant un trait (provisoire ?) sur une carrière en Amérique du Nord.

Home sweet home

Certains des meilleurs joueurs de la Roja ont ainsi abandonné ou refusé de céder aux sirènes américaines. Parfois pour des raisons plus humaines que financières. Juan Carlos Navarro, prophète en son pays, ne s’y est pas éternisé malgré une première saison correcte. « La Bomba » avait tout simplement le mal du pays. « Il y a eu une série de circonstances qui ont fait que je ne me suis pas senti à l’aise. L’équipe était très mauvaise, la langue était une barrière et ma famille, mes filles, ne se sentaient pas à l’aise, expliquait-il en 2011. Quand j’ai eu l’option de revenir dans mon équipe de toujours, de gagner des titres à nouveaux, et d’être important, je n’ai pas hésité ». Ricky Rubio, le meneur des Minnesota Timberwolves avait lui aussi longtemps hésité avant de faire le grand voyage. Les 82 matchs de saison régulière, les interminables trajets d’une côte à l’autre, et l’individualisme exacerbé du jeu US. Autant de préceptes Antinomiques à la culture latine, et qui poussent donc les conquistadors ibériques à reconsidérer leur périple.

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