Navi Pillay reproche au Conseil de sécurité de l'Onu son inaction

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NATIONS UNIES, 21 août (Reuters) - Navi Pillay, haut commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme dont le mandat se termine, a tancé jeudi le Conseil de sécurité pour avoir privilégié des intérêts géopolitiques de court terme à la défense de la vie de milliers de victimes. "Je crois fermement qu'une meilleure réactivité de ce conseil aurait sauvé des centaines de milliers de vies", a déclaré Navi Pillay aux 15 membres du Conseil de sécurité durant sa dernière intervention en tant que Haut commissaire de l'Onu. Les crises en Syrie, en Afghanistan, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo, en Irak, en Libye, au Mali, à Gaza, en Somalie, au Soudan, au Soudan du Sud et en Ukraine ont souligné l'échec de la communauté internationale en matière de prévention des conflits, a-t-elle insisté. "Aucune de ces crises n'a éclaté sans signe précurseur. Elles se sont développées sur des années, et parfois des décennies, de griefs concernant les droits de l'homme." L'ancien juge à la Cour pénale internationale a suggéré aux membres du Conseil de sécurité de nouvelles réponses aux violations des droits de l'home, comme notamment le déploiement rapide de missions d'observation dont le périmètre et le temps d'action seraient limités. Navi Pillay a également insisté sur la mise en place du Traité sur le commerce des armes (TCA) qui doit réguler une industrie de 85 milliards de dollars (64 milliards d'euros). "Les Etats membres pourraient s'accorder sur le fait que lorsqu'il y existe des préoccupations concernant le respect des droits de l'homme dans des pays qui achètent des armes, une condition de vente devrait être l'acceptation (par ces pays) de la supervision d'une petite équipe d'experts." La juriste sud-africaine, dont le mandat avait été renouvelé en 2012 en plus des quatre ans habituels, doit quitter son poste de haut commissaire pour les droits de l'homme à la fin du mois d'août. Le prince Zeid Ra'ad Zeid al Hussein, qui a étudié à l'université de Cambridge, en Grande-Bretagne, a été ambassadeur aux Etats-Unis et au Mexique, ainsi qu'officier aux affaires politiques de la mission de maintien de la paix de l'Onu en ex-Yougoslavie, doit lui succéder. (Michelle Nichols; Agathe Machecourt pour le service français)

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