Natixis : les effets pervers des politiques monétaires accommodantes surpassent leurs bénéfices

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(AOF) - "Nous estimons que les banques centrales ont atteint un stade où les effets pervers de leurs politiques non-conventionnelles semblent surpasser leurs avantages finissants". C'est David Lafferty, Chief Market Strategist à Natixis Global Asset Management, qui lâche cette sentence dans une note récente intitulée "Les banques centrales et la définition de la folie". S'il admet que la crise aurait sans doute été plus profonde à partir de 2008 si les grands argentiers n'étaient pas intervenus, le stratégiste juge qu'il est désormais temps de normaliser ces politiques.

Les taux d'intérêt à zéro voire négatifs, les rachats d'actifs et les "quantitative easing" mis en place par les principales banques centrales du monde pourraient favoriser la formation d'une bulle des actifs.

De plus, craint David Lafferty chez Natixis GAM, ils mettent sous pression les bilans des assureurs et banquiers tout en incitant les ménages à épargner plus pour compenser les rendements faibles. Enfin, il souligne la complaisance de ces politiques qui maintiennent en vie des sociétés "zombie" et offre aux gouvernements une bonne excuse pour échapper à leurs responsabilités.

Si les banques centrales tardent trop à normaliser leur politique, ajoute le Chief Market Strategist de la société de gestion, elles mettent aussi en péril leur crédibilité et créent un climat anxiogène.

"L'économie mondiale est entrée dans sa huitième année de reprise", rappelle Lafferty. Dans ce contexte, la politique monétaire non-conventionnelle semble déconnecté d'un monde qui croit lentement mais qui est sorti de la crise". Surtout, le maintien de ces soutiens monétaires pourrait passer pour une protection face à des perspectives macroéconomiques qui seraient "terribles".

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