Natixis AM prêt à jouer le rebond du pétrole en 2016

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(AOF) - Le moment est-il venu de prendre des positions sur les marchés permettant de jouer la fin du cycle baissier de l'énergie et le rebond des cours du pétrole ? Pour Franck Nicolas, directeur Investissement et Solutions Clients chez Natixis AM, de telles stratégies peuvent en tout cas s'envisager alors que le cours du brut pourrait avoir atteint un point bas.

"L'achat de matières premières en direct n'est pas la seule possibilité. De façon indirecte, les secteurs énergétiques sur les majors US ou Européennes peuvent être regardés, les points-mort d'inflation aux États-Unis sont aujourd'hui au plus bas et pourraient profiter de tensions sur un baril qui retournerait d'abord vers les 40 dollars. De même, des devises développées liées au pétrole, comme le dollar canadien, peuvent également être autant de manières de jouer ce thème de la fin d'un grand cycle baissier de l'énergie", détaille le gestionnaire d'actifs.

Selon lui, des discussions pourraient reprendre entre les pays producteurs pour "mieux maîtriser la production". D'abord, "plusieurs États seront tentés d'acheter la paix sociale en rééquilibrant leur budget par des recettes revigorées". Ensuite, la stratégie visant à affaiblir les producteurs de schiste américain est en train de fonctionner.

"Même si cette industrie ne disparaîtra pas car elle est très flexible, les banque américaines risquent de demander un coût du capital plus élevé (les défauts devraient au moins remonter vers 6% sur le compartiment énergie du high yield américain cette année) et le régulateur exiger une valorisation des réserves plus conservatrices dans le business model des producteurs alternatifs", explique Franck Nicolas, directeur Investissement et Solutions Clients chez Natixis AM.

Un rebond des cours du pétrole aurait un effet positif sur l'ensemble des actifs risqués, à commencer par les actions. Pour l'instant, la baisse des cours pèse sur les recettes des pays producteurs qui "font face à des sorties de capitaux d'investisseurs (...) anticipant des taux plus bas, au motif que les banques centrales émergentes devraient devenir plus accommodantes pour soutenir l'activité locale en net ralentissement", observe Franck Nicolas.

Cette perspective faisait reculer les devises émergentes face au dollar pénalisant "les actions dont la performance est en grande partie dépendante de l'évolution de la parité, en relatif contre les actions développées. En effet, la dégradation des balances de base des émergents entretient des difficultés conjoncturelles pour des régions qui voient le prix de leurs importations en dollar augmenter sans cesse."

Un retournement à la hausse de la tendance sur le marché pétrolier casserait ce mécanisme et pourrait entrainer une remontée des indices actions et une réappréciation des devises émergentes.

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