Nathalie Péchalat : " Si les juges préfèrent les ballets classiques... "

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Nathalie Péchalat : " Si les juges préfèrent les ballets classiques... "
Nathalie Péchalat : " Si les juges préfèrent les ballets classiques... "

Nathalie et Fabian, la déception de cette quatrième place est-elle désormais derrière vous ?Nathalie Péchalat : Oui complètement, parce que même si on m'a vu beaucoup pleurer lundi soir (ndlr : le 17 février, après le programme libre de danse sur glace), dès mardi matin j'étais en train de penser à ce qui allait se profiler à l'horizon. Une nouvelle vie, plus de plaisir, moins de contraintes sur la glace? c'est excitant d'avoir une page blanche à écrire. Comme on a fait de belles performances sur la glace, nous ne nous sentons pas coupables. On se dit juste qu'on a fait de notre mieux, pas seulement pour cette compétition-là mais pour les 14 années passées ensemble. On retient tout ce chemin.

Fabian Bourzat : On l'a déjà dit, même le premier soir alors que la déception était à son comble. On a fait de belles performances, nous n'avons rien à nous reprocher. Notre entraîneur nous l'a dit, il était content des performances,  nous aussi. Nous sommes satisfaits des Jeux. C'est vrai qu'avec une médaille cela aurait été encore mieux, mais ça ne change pas notre carrière, ni ce que l'on est ou ce que l'on fera dans le futur.

Gardez-vous toutefois un certain ressentiment contre les juges ?Nathalie Péchalat : Non, je ne suis pas dégoûtée de l'arbitrage. Je ne suis pas née de la dernière pluie, je sais comment ça se passe. Le jugement humain peut être difficile à accepter. Je l'ai toujours accepté. De notre côté, on a toujours fait en sorte de se faire plaisir, d'apporter des nouvelles choses à la danse sur glace, d'avoir des choses à raconter. Si les juges préfèrent les ballets classiques ou les comédies musicales, c'est leur avis. Ça ne me dérange pas, je respecte leur choix. C'est juste un peu énervant?

Fabian Bourzat : Il faut que des gens continuent à faire ce qu'on a fait, ce que tous les Français ont réalisé jusqu'à présent. Essayer d'apporter de l'originalité, apporter des thèmes et des histoires, tendre à montrer quelque chose de plus artistique que sportif. Malgré le nouveau système, on a réussi ce pari. C'est donc que c'est possible. Il faut que les patineurs en prennent conscience, les Français le savent depuis des années. Je vais partir entraîner aux Etats-Unis, je vais voir si je peux leur inculquer ça de leur côté.

On sent peut-être plus de tristesse chez Nathalie que chez vous Fabian?Fabian Bourzat : Non, on est autant déçu l'un que l'autre, même si elle a pleuré plus que moi. De toute façon ce n'est pas nouveau, c'est une pleureuse, et on fait avec (rires). Nous ressentons le même degré de satisfaction, mais sommes déçus pour nos entraîneurs, ainsi que les personnes qui nous ont soutenus.

Nathalie Péchalat : « Gagner les championnats du monde serait un super lot de consolation »

A l'inverse, le public vous a témoigné beaucoup de respect et d'amitié?Fabian Bourzat : En tant que Français, c'est une vraie satisfaction pour nous d'être appréciés en Russie, qui plus est contre des Russes. On a été très applaudis sur les trois programmes par le public russe. C'est un sport qui est jugé par neuf personnes, mais regardé par des millions d'autres. Nous, on aime faire ça aussi pour les spectateurs, leur donner de la nouveauté. Ça a payé, et en ça c'est une vraie satisfaction pour nous.

Nathalie Péchalat : Oui, que cela soit dans l'enceinte de la patinoire, ou par l'intermédiaire des nombreux messages qu'on a reçus, on s'est senti vraiment récompensé à ce moment-là. L'amour du public a toujours beaucoup compté pour nous, au-delà des chiffres ou de la notation. Cela nous a fait super chaud au c?ur et nous a aidé à passer à autre chose dès le lendemain.

Quel souvenir garderez-vous de ces JO ?Nathalie Péchalat : On a vraiment apprécié d'être à Sotchi. Au niveau de l'organisation, le fait que le village olympique soit très près de l'esplanade avec tous les stadiums pour les sports de glace nous a rendu la vie très agréable. Nous n'avons pas eu à faire face aux dizaines de contrôles de sécurité à passer. Je sais que cela a été plus compliqué pour les familles et les gens qui sont venus visiter, mais en tant qu'athlètes, nous n'avons rien à reprocher à l'organisation russe et au CNOSF. Nous avons passé des supers Jeux.

Après quelques jours de réflexion, pouvez-vous nous dire si vous participerez aux championnats du monde 2014 ?Nathalie Péchalat : C'est une question qui reste en suspens. On a discuté avec notre entraîneur, il y aurait effectivement la possibilité de disputer les championnats du monde au Japon dans un mois. Il faut juste en parler entre nous, qu'on sente si on a envie de le faire ou non. Avoir vraiment bien patiné aux JO et s'arrêter sur une bonne performance est quelque chose qui pèse dans la balance pour nous dire qu'il est l'heure de passer à autre chose. D'un autre côté, on a travaillé toutes ces années, toute la saison pour ces Jeux? le championnat du monde est dans quelques semaines donc nous sommes prêts. Y aller pour gagner et remporter une médaille serait un super lot de consolation. C'est surtout niveau mental qu'il faut savoir si on a envie de se replonger dans les préparations. On était content et libéré de se dire que tout était terminé.

Fabian Bourzat : On va prendre le temps de réfléchir?

Avez-vous envisagé de poursuivre une carrière chacun de votre côté ?Nathalie Péchalat : Seule ? Jamais de la vie ! Nous, c'est ensemble ou pas du tout.

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