Napolitano témoignera à un procès sur des contacts avec la Mafia

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PALERME, 25 septembre (Reuters) - Le président italien, Giorgio Napolitano, témoignera lors d'un procès historique dans le cadre duquel des hommes d'Etat sont accusés d'avoir tenu secrètes des discussions avec la Mafia au début des années 1990, a déclaré jeudi un magistrat palermitain. Le tribunal a "décidé que le témoignage (du président) ne serait ni superflu ni hors de propos", a fait savoir le juge Alfredo Montalto, chargé de l'affaire. Le témoignage d'un chef de l'Etat, fait inhabituel dans un procès criminel, interviendra alors que la justice cherche à faire la lumière sur des attentats à la bombe commis par la Mafia voici une vingtaine d'années, dans lesquels des magistrats de premier plan avaient trouvé la mort. Les procureurs ont fait savoir qu'ils souhaitaient interroger le président à propos de conversations que l'un des accusés a eues avec l'un de ses anciens collaborateurs. A l'époque des attentats, Giorgio Napolitano n'était pas encore chef de l'Etat mais président de la Chambre des députés, la chambre basse du parlement. Giorgio Napolitano, qui est âgé de 89 ans, avait refusé de témoigner lorsque les procureurs l'avaient sollicité une première fois en octobre dernier. Mais jeudi, il a publié un communiqué stipulant qu'il n'aurait "aucune difficulté à accorder très prochainement son témoignage". Les procureurs estiment que certains hommes politiques de premier plan et des responsables de la police ont eu des contacts avec la Mafia sicilienne, après la mort du procureur anti-mafia Giovanni Falcone, de son épouse et de trois gardes du corps dans l'explosion d'une bombe en 1992. Nicola Mancino, qui était ministre de l'Intérieur à la période où auraient eu lieu ces contacts, est en procès pour faux témoignage. Neuf autres accusés, dont trois officiers des carabiniers, sont inculpés pour chantage contre l'Etat. Tous nient avoir commis des malversations. Giorgio Napolitano a partie liée avec le dossier car les procureurs ont fait écouter le téléphone de Nicola Mancino et ont enregistré quatre conversations qu'il avait eues avec lui. Dans certains extraits du script des enregistrements, publiés par des journaux, Nicola Mancino se plaignait des procureurs et semblait réclamer l'aide de Napolitano. Les médias italiens ont rapporté l'an dernier que les enregistrements avaient été détruits, comme l'avait ordonné la cour constitutionnelle. Mais les procureurs ont dit vouloir interroger le président non pas à propos des conversations qu'il avait eues avec Mancino, mais au sujet de conversations que l'ex-ministre de l'Intérieur avait eues avec l'ex-conseiller juridique de la présidence Loris d'Ambrosio, aujourd'hui décédé. (Wladimir Pantaleone; Eric Faye pour le service français)

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