Nantes : une troisième monnaie locale entre en circulation

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INFOGRAPHIE - Celle-ci sera totalement virtuelle et destinée aux échanges inter-entreprises. En France, près de quarante monnaies locales complémentaires sont en circulation, avec un succès très relatif.

À Nantes, il est désormais possible de payer en SoNantes! C'est mardi matin que cette nouvelle monnaie locale, initiée en 2011 par Jean-Marc Ayrault, alors maire de la ville, a été lancée. Inutile de se ruer dans des banques pour admirer les nouvelles pièces ou coupures car cette monnaie est totalement virtuelle. Celle-ci a été créée afin d'accélérer les échanges locaux inter-entreprises et dans l'optique de limiter le recours à la trésorerie.

Les particuliers aussi pourront utiliser cette nouvelle monnaie gérée par le Crédit Municipal. Pas de mal de tête en prévision, la conversation entre les deux monnaies est très simple: une SoNantes est égale à un euro. Il est ainsi possible de payer par SMS, par internet ou directement en se procurant une carte SoNantes sur le site dédié. Avec ce système d'échange complémentaire, l'objectif est d'encourager le particulier à favoriser le circuit court.

La SoNantes n'est pas la seule monnaie complémentaire à circuler en Loire-Atlantique. Il existe déjà le Ret'zL, lancé en 2012, et le Confluent, mis en circulation en 2011. La première est une monnaie scripturale qui se présente sous forme de coupon tandis que la deuxième est virtuelle, comme la SoNantes. Dans les deux cas, la monnaie a été créée afin de dynamiser le marché local et de proposer une alternative au système marchand.

Une quarantaine de monnaies locales

En France, il existe près d'une quarantaine de monnaies locales en circulation et une vingtaine d'autres seraient en projet. Cette création a été rendue légale grâce à l'article 16 de la loi Économie Sociale et Solidaire (ESS), votée en juillet 2014. La loi reconnaît donc les monnaies locales complémentaires comme titres de paiement dès lors que ceux-ci sont l'initiative de structures relevant des acteurs de l'ESS.

Toutefois, ces moyens de paiements existaient déjà avant cette loi. La création de monnaie n'était pourtant pas illégale. «Il y avait une sorte de zone grise, ce n'était pas illégal mais ce n'était pas non plus vraiment légal, la pratique était connue et tolérée», explique Jerôme Blanc économiste et maître de conférence à l'université Lyon 2.

Les monnaies locales se sont beaucoup développées depuis 2010. Principalement dans des zones rurales comme Annemasse, en Haute-Savoie ou Ungersheim, dans le Haut-Rhin mais aussi dans des villes plus grandes comme Toulouse, Nantes ou encore Strasbourg. «La crise financière des subprimes puis celle des dettes souveraines de 2008 a contribué à l'accélération du développement de ces innovations monétaires», précise le rapport.

Des initiatives associatives

Dans la très grande majorité des cas, et contrairement à l'exemple de SoNantes, ce sont des associations qui lancent l'idée. «L'objectif est avant tout d'ordre symbolique. Les personnes veulent faire évoluer notre façon de consommer et de changer notre système d'achat», précise Jérôme Blanc. Mais qui dit associatif ne dit pas forcément absence de régulation. «Pour créer une monnaie, il faut qu'il y ait un contrôle. C'est l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), liée à la Banque de France qui s'en charge», explique Jérôme Blanc.

Pour créer un moyen de paiement complémentaire et le mettre en circulation, il faut entre quinze et vingt mois, selon l'économiste. «La démarche la plus compliquée est de constituer un noyau dur de personnes d'accord pour utiliser une nouvelle monnaie. Il faut ensuite récolter des fonds pour avoir une réserve et ensuite imprimer, dans la grande majorité des cas, la monnaie sous forme papier», raconte Jérôme Blanc.

En France, la principale difficulté n'est pas de créer une monnaie mais de la développer. «Il est compliqué de convaincre un nombre important de prestataires», indique Jérôme Blanc. En moyenne, les monnaies locales complémentaires réunissent 414 utilisateurs et 86 prestataires. Ces projets ont donc une portée relative.

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