Nancy, championne de France du financement participatif

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La ville s'impose devant Paris et Rennes au classement général établi par la plateforme Ulule. Le «crowdfunding», tous segments confondus, affiche une collecte record de 133,2 millions d'euros au premier semestre. Les prêts entre particuliers s'envolent.

Nancy est championne de France du financement participatif, selon le premier palmarès établi par le site européen Ulule. La capitale lorraine crée la surprise en devançant Paris, pourtant dotée d'une culture digitale bien développée, au classement général. Rennes complète ce trio de tête. Nancy a ainsi lancé l'équivalent de 80 projets pour 100.000 habitants depuis la création de la plateforme il y a 5 ans, contre 78 pour la capitale et 77 pour la cité bretonne. Viennent ensuite Bordeaux (73), Clermont-Ferrand (68), Nantes (63) ou encore Lille (60). Parmi ces projets, 82% ont rempli leurs objectifs de collecte à Nancy, contre 77% à Montreuil et 76% à Angers. Des taux de succès bien supérieurs à la moyenne nationale qui atteint 67%.

«Les donateurs soutiennent généralement des projets à l'échelle locale. Dans des bassins de population plus petits, ils connaissent parfois le porteur du projet ou ils mesurent concrètement les répercussions d'un projet sur l'économie locale», souligne Mathieu Maire du Poset, directeur adjoint d'Ulule, qui revendique 42% de part de marché en France, avec 9,9 millions d'euros de dons collectés au premier semestre de 2015 et 37,2 millions en 5 ans. Au total, Ulule vient de franchir le cap des 10.000 projets financés dans l'Hexagone.

Le crowdfunding, un marché diversifié

L'Île-de-France, en revanche, est de loin la région la plus généreuse. Le montant des fonds récoltés s'élève à 26 euros pour 10 habitants à Paris et 20 euros à Montreuil, contre 16 euros à Nantes ou Rennes, 14 euros à Nancy, Lyon, Bordeaux et Clermont-Ferrand ... «Les dons financent encore à 55% des projets culturels ou, dans une moindre mesure, des projets solidaires. Mais depuis deux ans, le nombre de projets portés par des créateurs d'entreprises a explosé d'environ 150%», relève le dirigeant d'Ulule.

Le marché du «crowdfunding» s'est largement diversifié en France ces dernières années. Outre les dons, avec ou sans récompense, les plateformes permettent aussi aux utilisateurs de réaliser des investissements contre royalties ou en capital - en clair, de devenir actionnaires de projets - ou de contracter des prêts auprès de particuliers. Et la formule marche. Les fonds collectés par 51 plateformes ont plus que doublé au premier semestre de 2015 par rapport à la même période en 2014: ils ont atteint 133,2 millions d'euros, contre 66,4 millions un an plus tôt, selon le Baromètre du crowdfunding au premier semestre de l'association Financement Participatif France (FPF). Par segment, le prêt entre particuliers a raflé le gros lot, avec 85,2 millions d'euros collectés, suivi de l'investissement (24,3 M€) et du don (23,7 M€). En 2014, les Français avaient versé 152 millions d'euros sur ces sites. C'était déjà deux fois plus qu'en 2013 (78,3 millions d'euros).

Explosion des prêts entre particuliers

«La collecte en prêt a explosé (avec un taux de croissance de 127% au premier semestre, ndlr), grâce à la mise en place d'un cadre réglementaire favorable en octobre 2014. Depuis, de nombreuses plateformes se sont lancées sur ce créneau», commente François Carbone, cofondateur d'Anaxago, plateforme dédiée aux projets entrepreneuriaux et immobiliers, et membre du directoire de la FPF. Si ce segment est toujours dominé par Prêt d'Union, des acteurs comme Babyloan ou Hellomerci se font progressivement une place.

«Les investissements en capital permettent aux particuliers de soutenir un projet sur le long terme, à la différence des placements en Bourse.» Sur Anaxago, depuis 2012, 24 millions d'euros ont été investis dans des projets, dans des secteurs aussi variés que la santé, l'environnement ou les services. Le marché est convoité par de nombreuses plateformes, à l'instar de Wiseed. «Signe encourageant pour les entrepreneurs, beaucoup d'expatriés investissent dans des projets en France par ce biais, mais aussi quelques étrangers, notamment suisses ou belges.»

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  • heimdal le mercredi 23 sept 2015 à 08:49

    Et le retour sur investissement ? C'est en option ?