Naftali Bennett, étoile montante de la droite nationaliste religieuse

le
0

Le sourire aux lèvres, la voix assurée, un regard direct: Naftali Bennett, l'ancien chef de cabinet de Benjamin Netanyahu, est l'invité surprise de la campagne électorale israélienne, tondant la laine sur le dos de la principale liste de droite.

Un mois après sa victoire aux primaires du Foyer Juif (nationaliste religieux), son parti, qui n'a aujourd'hui que trois sièges sur 120 au Parlement, est crédité selon les sondages de 12 à 15 députés aux législatives du 22 janvier.

Il continue de grignoter des voix sur la liste commune du Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du parti Israël Beiteinou de l'ex-chef de la diplomatie Avigdor Lieberman.

Fils d'immigrants américains, Naftali Bennett, âgé de 40 ans et père de quatre enfants, a dépoussiéré un parti qui a connu son heure de gloire dans les années 1960, membre de toutes les coalitions gouvernementales de 1948 à 1992.

Représentant le courant religieux au sein d'un mouvement sioniste à l'origine majoritairement laïque, le Foyer Juif a viré à droite dans les années 1970 avant de perdre une partie de son électorat au profit d'autre partis, tombant de 12 sièges à 3 en 2009, le pire score de son histoire.

Naftali Bennett, ancien entrepreneur dans la haute technologie, qui a revendu sa start-up en 2005 pour 145 millions de dollars (110 M EUR), joue beaucoup sur son image d'ex-officier commando, un profil apprécié dans une partie de la jeunesse.

Communiquant sur les réseaux sociaux en hébreu, anglais et français, il a aussi élargi l'audience du parti, en s'entourant de personnalités susceptibles d'attirer un électorat boudant habituellement le Foyer Juif.

"Leader de la droite alternative"

Cet ancien directeur du Conseil de Yesha, l'organisme représentant les colons de Cisjordanie, a aussi tenté de rassurer les éléments les plus durs idéologiquement en signant un accord avec l'Union nationale, plus à droite.

Après avoir quitté le Likoud en mai 2012, il a créé "Les Israéliens", un mouvement doté d'un programme visant à rapprocher les laïcs des religieux et de ce qu'il qualifie de "plan de paix" avec les Palestiniens.

Ce plan, inacceptable pour les intéressés, propose l'annexion par Israël des 60% de la Cisjordanie sous son contrôle total et davantage d'autonomie pour les Palestiniens dans le reste.

Catégoriquement opposé à un Etat palestinien, Naftali Bennett revendique clairement sa place à la droite du Likoud.

"Je suis pour que Netanyahu soit le prochain Premier ministre mais nous devons être forts pour l'empêcher de faire une coalition avec les partis de gauche", confie-t-il à l'AFP.

"J'ai comme ambition de construire un meilleur avenir pour l'ensemble des composantes de la société israélienne, religieux et laïcs, juifs et non-juifs", explique-t-il.

Attaqué par le Likoud, qui le présente comme un extrémiste de droite et par les partis religieux qui le jugent trop conciliant avec le monde laïc, il n'a fait que bénéficier de ces attaques, selon l'analyste politique du quotidien Haaretz, Yossi Verter.

"Netanyahu et le Likoud-Israël Beiteinou ont été trop loin dans leurs attaques contre Bennett", estime-t-il. "Ils l'ont transformé d'enfant chéri de la droite en leader de la droite alternative".

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant