Nadal, des solutions contre le déclin ?

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Nadal, des solutions contre le déclin ?
Nadal, des solutions contre le déclin ?

La mauvaise passe de Nadal se poursuit en 2015. Battu dès le deuxième tour de Wimbledon par Dustin Brown, modeste 102eme mondial, l'Espagnol, méconnaissable, continue de creuser son trou. Après cette défaite, il doit se mettre en quête de solutions, minimes ou radicales.

Depuis 2011, Wimbledon s’est transformé en tombeau pour la confiance de l’ancien numéro 1. Défait par un trentenaire quasi-inconnu en quatre sets (7-5, 3-6, 6-4, 6-4), Rafael Nadal a certainement vécu jeudi l’un des matchs les plus douloureux de sa carrière. Le point d’orgue d’un début de saison à oublier rapidement. « Là, c’est dur, mais je ne suis pas du genre à ressasser ça pendant deux semaines », réagissait-il en conférence de presse après sa défaite.

Pourtant, il faudra bien, pour lui, revenir sur une troisième élimination prématurée à Londres en quatre ans. Et commencer son introspection. Car jamais Rafa n’avait connu telle déroute face à un joueur issu des qualifications. Pas vraiment de quoi être surpris tant l’Espagnol rame depuis des semaines, voire des mois, pour retrouver un semblant du niveau qui était le sien lors de sa dernière finale sur le gazon londonien, il y a cinq ans. Déjà éjecté du Top 8 après une défaite prématurée, certes face à Djokovic, en quarts de finale de Roland-Garros, Nadal devra sûrement entamer une remise en cause impossible à réaliser à chaud. D’ici la tournée américaine - qui démarre à Washington le 3 août - et où il n’a pas de points à défendre, le Majorquin aura un mois pour trouver des solutions.

Nadal, un taureau trop musculeux ? 

Lui-même déteste s’étendre sur le sujet. Pourtant le physique bancal de Nadal est au centre du débat qui animera ses prochaines séances d’entraînement. Son corps « tanké » fait de lui le physique le plus impressionnant du circuit. L’un des plus friables aussi. Depuis son forfait (fracture de fatigue) pour ce qui devait être son premier Roland-Garros, en 2004, le Majorquin a toujours été ennuyé par des pépins plus ou moins graves. Des tendinites à répétition entre 2008 et 2009 l’empêchaient de disputer Wimbledon. En 2012, on lui diagnostiquait le syndrome de Hofa, une grosseur au niveau des muscles. Pas d’Open d’Australie ni de JO à Londres. Sans oublier le pied en 2006, les abdos à l’US Open en 2009 et les adducteurs à Melbourne en 2011, pourtant sa plus belle année. Au total, ce sont cinq tournois du Grand Chelem manqués depuis 2005. Bref, Nadal n’a pas été épargné malgré les nombreuses séances avec son kiné et confident Rafael Maymo et son préparateur physique Joan Forcades. Parmi les éventualités pour éviter les pépins, certains sportifs, dont le basketteur LeBron James cet été, ont décidé de perdre du poids pour éviter les conséquences d’un sport traumatisant pour les articulations. En somme, perdre en masse musculaire pour gagner en légèreté. Et soulager un corps meurtri.

Nadal doit-il quitter sa cour ? 

Tonton Toni s’occupe de son neveu depuis son plus jeune âge. C’est lui qui a forgé le mental de guerrier du Taureau de Manacor. Mais l’oncle n’aurait-il pas atteint la limite de ses capacités ? Si le lien entre les deux est indéfectible, la possibilité, comme Federer, avec Edberg, Murray avec Lendl puis Mauresmo, ou Djokovic, avec Becker, de s’affranchir du cocon familial avec l’aide d’un consultant pourrait mûrir dans la tête de Rafa. 

Parce que ça trotte là-dedans. Jeudi soir, personne ne pouvait manquer ce que Nadal s’efforce à ne jamais laisser transparaître. Le Centre Court était témoin d’une crise totale de confiance voire de panique face à un adversaire qui ne lui a donné aucune once de rythme. Ce vendredi, le quotidien L’Equipe osait même une petite confidence : un Nadal agacé à l’entraînement, incapable de sortir un coup droit correct face à son sparring-partner. L’heure de la sieste pour l’enfant des Baléares ? « Il va prendre quelques jours de vacances, déclarait Toni Nadal à l’issue du match jeudi. Après on va se remettre au travail. Il faut trouver une vraie solution pour sortir de ce mauvais moment. Changer de raquette est une possibilité ». Et Nadal de conclure par une autre pirouette : « Je n’ai plus de travail à Londres, je peux vous laisser les clés de la maison ».  Mais ça commence à faire longtemps que Rafa ne se sent plus vraiment chez lui sur le gazon londonien.

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