"N'ayez pas peur", dit Nicolas Sarkozy à ses partisans

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NICOLAS SARKOZY INVITE SES PARTISANS À NE PAS AVOIR PEUR DE SE FAIRE ENTENDRE
NICOLAS SARKOZY INVITE SES PARTISANS À NE PAS AVOIR PEUR DE SE FAIRE ENTENDRE

par Yann Le Guernigou et Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a promis dimanche un nouveau modèle de croissance qui permette à la France de connaître ses "Trente Glorieuses" du XXIe siècle et a invité la "majorité silencieuse" à ne pas avoir peur de se faire entendre dans les urnes.

A une semaine du premier tour de la présidentielle, alors qu'il marque le pas dans des sondages toujours très favorables à son rival socialiste François Hollande, le président candidat a assuré qu'il se battrait jusqu'à la dernière minute.

Il avait réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes -plus de 100.000 selon l'UMP, son parti- place de la Concorde, dans le centre de Paris, pendant que son adversaire réunissait le même nombre de partisans -selon les organisateurs- à quelques kilomètres de là, sur l'esplanade du château de Vincennes.

Pendant 36 minutes, dans un discours truffé de références historiques qui portait la patte de son conseiller Henri Guaino, il a fait appel au soutien de "la France que l'on n'entend jamais parce qu'on ne lui donne jamais la parole (...) la France qui ne proteste pas, la France qui ne casse pas, la France qui en a assez que l'on parle en son nom".

Dramatisant les enjeux de l'élection, il a déclaré que se jouait après ces dernières années de crise "ni plus ni moins que la survie d'une forme de civilisation, la nôtre".

"Nous n'avons pas le droit de manquer notre entrée dans l'ère nouvelle que préparent les bouleversements d'aujourd'hui", a-t-il ajouté en soulignant qu'il ne s'agissait pas le 22 avril et le 6 mai de choisir un camp "mais de décider de l'avenir au moment où l'avenir se joue".

"Je vous propose de réunir les conditions pour que la France organise les Trente Glorieuses du XXIe siècle comme elle a connu les Trente Glorieuses du XXe", a-t-il dit en se référant aux trois décennies de croissance qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale.

FAILLITE CIVILE

Il a illustré cette volonté par plusieurs des propositions de son projet électoral, en matière notamment de formation des jeunes et des chômeurs, d'immigration, de politique européenne.

Le président sortant a prôné aussi la tenue d'un débat sur le rôle que pourrait jouer la Banque centrale européenne (BCE) en soutien de la croissance, une idée qu'il avait déjà évoquée dans le passé et qui figure aujourd'hui dans le programme de François Hollande.

Il a formulé une autre proposition, celle d'une généralisation de la faillite civile, en vigueur pour l'instant dans les seuls départements alsaciens et en Moselle, pour les familles tombant dans le surendettement après un accident de la vie.

Comme il l'a fait lors de précédents meetings, Nicolas Sarkozy a interpellé les électeurs tentés par "les extrêmes", à savoir le vote Front national, parce qu'ils ont souffert de la crise, déclarant: "Les solutions extrêmes n'atténueraient pas leur douleur. Elles ne les protégeraient pas. Elles les feraient souffrir davantage encore. Car les solutions extrêmes sont des mensonges et les mensonges font plus de mal que la vérité."

Il a conclu son discours en invitant cette majorité silencieuse à laquelle il fait maintenant sans cesse référence à ne pas avoir peur de s'exprimer dans les urnes: "Prenez votre destin en main, dressez-vous, prenez la parole, dites ce que vous avez sur le coeur, dites ce que vous voulez pour votre pays, dites-le haut, dites-le fort, dites-le maintenant, n'ayez pas peur!"

"Peuple de France, n'ayez pas peur, ils ne gagneront pas si vous décidez que vous voulez gagner."

Edité par Jean-Stéphane Brosse

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  • NYORKER le dimanche 15 avr 2012 à 20:15

    N'ayez pas peur , Ayez confiance ....