Myriam El Khomri défend sa loi, la contestation continue

le , mis à jour à 14:52
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PARIS (Reuters) - La ministre du Travail a assuré jeudi que son projet de réforme du Code du travail, présenté en conseil des ministres, était un "nouvel élan de la démocratie sociale" offrant des "souplesses" aux entreprises et des "garanties" aux salariés.

Au même moment des milliers d'étudiants et de lycéens manifestaient en France pour exiger le retrait de ce texte, qui reste controversé malgré des modifications apportées par le gouvernement après un ultime cycle de concertations.

Ces manifestations ont notamment été marquées par des affrontements entre des groupes d'activistes masqués et cagoulés et les forces de police à Paris et à Nantes.

Ce projet de loi, qui entend donner plus de place à la négociation collective dans les entreprises et les branches professionnelles pour renforcer la compétitivité et développer l’emploi, doit maintenant être examiné par le Parlement.

"C'est un vrai nouvel élan pour la démocratie sociale dans notre pays", a déclaré la ministre du Travail, Myriam el Khomri, dans la cour de l'Elysée.

"Ce texte marche sur deux jambes, il est équilibré : à la fois de nouvelles souplesses pour les entreprises, et puis de nouvelles protections, de nouveaux droits pour les salariés".

Face aux protestations des syndicats, de mouvements de jeunesse et d'une partie de la gauche, le Premier ministre, Manuel Valls, avait décidé de retarder de 15 jours sa présentation au conseil des ministres pour consulter les partenaires sociaux.

Il a finalement retiré de ce projet de loi, initialement salué par le Medef, la principale organisation patronale française, certaines des dispositions les plus contestées.

EL KHOMRI "VIGILANTE"

Ainsi, ne figurent plus dans le texte le plafonnement des indemnités prud'homales pour licenciement abusif, la possibilité pour les petits employeurs de fixer unilatéralement certaines règles en cas d'absence d'accord collectif et une disposition permettant de faire travailler plus longtemps des apprentis, sur simple information de l'inspection du travail.

Malgré ces changements, plus de sept Français sur dix restent opposés à cette réforme, selon un sondage Odoxa pour Le Parisien et France Info. Et les manifestants lycéens et étudiants ont reçu le soutien des syndicats CGT, FO, FSU et Solidaires, qui réclament également le retrait du texte.

Le ministère de l'Education nationale a fait état de 57 lycées bloqués enfin de matinée sur un total d'environ 2.500 établissements.

Face à cette nouvelle levée de boucliers, Myriam el Khomri s'est déclarée "vigilante" et a évoqué un nécessaire "travail de pédagogie en direction de la jeunesse".

"Je reste toujours vigilante par rapport aux jeunes parce que c'est eux qui subissent cette hyper précarité, eux qui collectionnent ces CDD courts", a-t-elle dit à la presse.

Le projet de loi modifie le volet organisation du travail dans le code du même nom, donne en la matière la primauté aux accords d'entreprise, et définit les motifs de licenciement économique. et.

Il réforme aussi la médecine du travail, en partie pour concentrer ses moyens "sur les salariés exposés à des risques particuliers", une façon de gérer la pénurie de médecins du travail dont le nombre ne cesse de diminuer.

Il renforce par ailleurs la lutte contre le détachement illégal de travailleurs par des prestataires étrangers.

Le texte commencera son cheminement au Parlement le 4 avril en commission pour un début d'examen en séance à l'Assemblée début mai et une adoption définitive prévue en juillet.

Un groupe d'élus socialistes frondeurs radicalement opposés au projet de loi et conduits par les députés Christian Paul et Laurent Baumel, propose une "contre-réforme" visant à créer une "véritable sécurité sociale professionnelle".

(Elizabeth Pineau et Emmmanuel Jarry, édité par Sophie Louet)

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