MyFlow pose la question de l'avenir des CGPI

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(NEWSManagers.com) - Dans un " avis d'expert" daté de vendredi dernier, Frédéric Picard, fondateur de MyFlow, une entreprise dédiée aux conseillers en gestion de patrimoine indépendants, revient sur l'avenir de la profession. " Il semble acquis maintenant que le modèle actuel de partage des frais de gestion entre les sociétés de gestion, les plateformes et les conseillers indépendants vit ses derniers moments" , explique-t-il.

La France puis L'Europe dans le cadre de MIF2 s'intéresse à la distribution des produits et donc à la rémunération des intermédiaires. Le tout dans un contexte de crise financière exceptionnelle. Le problème dépasse de loin la simple question de la rémunération des conseillers qui ne pèse pas lourd, ajoute-t-il, face à la nécessité de réduire le coût de la distribution dans une perspective de rendements plus faibles que dans la décennie passée. Tout le monde va faire des efforts, insiste Frédéric Picard qui prédit aussi des remises en question chez les assets managers. Ces derniers, relève le fondateur de MyFlow, ont mis en place ce modèle de distribution donnant 50% des frais aux plateformes qui en reversent 85% aux conseillers. Les temps changent et les rentes de situation ne durent pas.
Faut-il pour autant abandonner le métier comme certains le font actuellement, s'est interrogé le responsable. Pour ce dernier, les conseillers doivent profiter de ce répit pour se préparer à des lendemains peut-être plus difficiles mais surement pas moins intéressants.

Certains pourront être tentés par l'arrêt du métier, via la vente de leur cabinet à un collègue ou à des sociétés de type Primonial ou Vendyssée finance. Mais d'autres pourront opter pour l'intégration verticale consistant à regrouper les activités de gestion et de distribution dans une même entité ou au sein du même groupe du type du groupe Primonial. Enfin, une dernière stratégie consistera à choisir l'intégration horizontale regroupant les compétences. De quoi élargir sa base de clientèle et de mutualiser ses coûts, note Frédéric Picard, qui insiste sur le fait que ce modèle permet de conserver son indépendance, d'élargir son domaine d'expertise et de migrer plus aisément vers une rémunération en honoraires.

Il y a encore d'autres solutions en jouant des niches plus ou moins importantes (l'épargne salariale, la prévoyance et santé, ...), explique le professionnel. En tout cas, assure-t-il, le changement de mode de rémunération n'est pas obligatoirement la fin des indépendants. L'indépendance va évoluer vers diverses formes d'associations qui ne sont pas antinomiques avec la notion d'indépendance, prédit également Fréderic Picard. Les groupements auront donc un rôle prépondérant dans les années à venir, ils sont une des possibilités du nouveau logiciel des indépendants.

A titre de conclusion, Frédéric Picard reconnait que les discussions autour d'un changement de rémunération des conseillers permettent de rebattre les cartes entre les acteurs. Les asset managers sont mis sous pression par la croissance exponentielle des ETFs qui ont des frais beaucoup plus faibles. Comme par ailleurs, la gestion active peine à prouver sa valeur ajoutée par rapport à la gestion passive, diminuer le coût de distribution devient un enjeu important même si de nombreuses sociétés de gestion vivent avec la distribution externe. Il n'en reste pas moins que peu de sociétés se sont mobilisées pour défendre le système actuel et que du côté des plateformes, une évolution de la profession vers les honoraires et la possibilité ainsi d'abaisser le coût d'acquisition d'un distributeur n'est pas une mauvaise nouvelle...
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