Mutinerie sur une base de parachutistes à Bamako

le
1
MUTINERIE SUR UNE BASE DE PARACHUTISTES À BAMAKO
MUTINERIE SUR UNE BASE DE PARACHUTISTES À BAMAKO

BAMAKO (Reuters) - De violents échanges de tirs sur une base militaire de Bamako ont opposé vendredi l'armée malienne à des mutins issus d'une unité de parachutistes fidèles à l'ancien président Amadou Toumani Touré, déposé en mars 2012 par un coup d'Etat d'officiers subalternes.

Cet incident survient alors que l'armée malienne, avec l'aide des forces françaises et africaines, tente de reconquérir l'intégralité du nord du Mali tombé à la suite du putsch de mars 2012 entre les mains de rebelles touaregs puis d'islamistes armés.

Pris de panique, les habitants du quartier de Djicoroni-Para ont fui lorsque les premiers coups de feu ont retenti en provenance de la caserne militaire des parachutistes, située sur les rives du Niger, dans l'ouest de la capitale malienne.

Des unités de l'armée malienne appuyées par des blindés ont encerclé la caserne, d'où s'élevait de la fumée.

Cette fusillade a fait au moins un mort, selon les médias officiels.

Après plusieurs heures de combats, le calme est finalement revenu.

D'après des officiers maliens, des "bérets rouges" fidèles à Amadou Toumani Touré avaient reçu l'ordre de rejoindre d'autres unités pour combattre les islamistes armés dans le nord du pays. Les parachutistes ont exigé d'être déployés ensemble au sein d'un même régiment et c'est pour cette raison qu'ils ont affronté la police militaire.

"UNE HONTE"

Ces combats entre militaires maliens ont suscité la colère de nombreux habitants de Bamako, qui savouraient jusque-là dans la fierté et le soulagement les rapides progrès accomplis par les forces françaises et africaines face aux islamistes armés dans le nord du pays.

"Je ne comprends pas comment, au moment où les forces françaises et africaines sont ici pour mener notre guerre à notre place (...), des soldats maliens, au lieu d'aller combattre au front, se battent pour une querelle stupide", dit Assa, une habitante de l'ouest de Bamako, en fuyant la fusillade.

"C'est une véritable honte. Ça me donne envie de renoncer à ma nationalité malienne", a-t-elle ajouté.

Depuis le coup d'Etat de mars 2012, l'unité d'élite des "bérets rouges" a été marginalisée et certains de ses membres ont été arrêtés après une tentative de contre-coup d'Etat en mai.

Les combats entre ces parachutistes et les forces du capitaine Amadou Sanogo, le chef des putschistes, avaient alors duré plusieurs jours et fait au moins 27 morts.

"Le chef d'état-major avait pris des mesures disciplinaires contre certains parachutistes et certains d'entre eux n'étaient pas contents de la décision alors ils se sont levés ce matin et ont commencé à tirer", a dit un responsable du ministère malien de la Défense à Reuters.

Des membres des familles des parachutistes ont aussi affronté la police militaire vendredi à jets de pierres.

Tiemoko Diallo et Adama Diarra, Jean-Stéphane Brosse, Tangi Salaün et Bertrand Boucey pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • cavalair le vendredi 8 fév 2013 à 16:15

    Vite envoyez l'armee francaise contre le mutins