Mustapha Benfodil : " Cristiano Ronaldo, il y aura toujours un "mais"..."

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Une oasis au cœur de l'Euro. Le plasticien Mustapha Benfodil propose une installation de mannequins de joueurs de foot troublante, au Carreau du Temple à Paris, dans le cadre du Festival Coup de Foot : MaPortaliche#2/FCKafka. Entretien sur le foot, l'Algérie, Cristiano Ronaldo et… Ian Rush.

Pourquoi proposer cette œuvre étonnante, en plein Euro ?
C'est une parodie de match de foot, avec des textes stylisés sur le corps de joueurs. MaPortaliche, ça veut dire : " ça n'a pas d'importance… " C'est très expérimental. Comme plasticien littéraire, j'ai voulu poser les personnages avec un contact physique avec les mots, le livre, faire une déclinaison de mes propres textes. Même figés, les mannequins, avec ou sans tête, font un clin d'œil à la société, à la guerre civile en Algérie, un trait d'union entre Albert Camus et Nabil Fekir aussi…

Quel est votre rapport au football ?
Le foot m'a sauvé la vie, le foot m'a donné une vie sociale. On a besoin d'adoucir notre quotidien. Je suis timide de profession. Jeune, j'ai perdu trois de mes piliers affectifs en trois ans, et je me suis retrouvé vite devant de grandes questions. Je dois la vie à deux choses : le foot et l'école. Je suis un enfant des quartiers populaires en Algérie. Le foot, c'était ma manière d'être en société. On me surnommait Ian Rush, j'étais comme un pantin sans fil, gauche et maladroit, je m'excusais quand je marquais des buts. On jouait à " goal 1 pas ", le but fait un mètre, quoi… J'ai construit des amitiés par ces matchs, le soir. Ce plaisir du petit foot de quartier, à la brésilienne, avec un petit terrain naturel entre les barres, où les gens suivent les matchs de leur balcon, je viens de là… Après, à Boufarik, j'ai aussi pratiqué la spéléologie. Passionnant aussi ce rapport au corps et à l'espace, ces petits rituels de la vie collective…

L'Algérie du foot s'est ouvert en 1982 puis avec Dahleb, ou plus tôt ?
C'est effectivement l'aboutissement d'un travail fait un amont. Il y avait un talent brut né dans les petits espaces qui est proche de notre urbanisme, de notre urbanité même. Dans les années 70, le tout-Etat socialiste accompagnait la formation, l'URSS, la RDA aussi, on avait de très bons entraîneurs. C'est comme ça qu'on a eu un sélectionneur comme Guannadi Rogov, qui a été un acteur clé, pour différentes raisons. On a besoin de challenge pour se transcender, c'est dans notre culture. En 2014, on a fait le lien avec 1982…

C'est dur de trouver un Algérien qui parle…






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