Municipales italiennes à valeur de test pour Matteo Renzi

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 (Début des opérations électorales) 
    par Gavin Jones 
    ROME, 5 juin (Reuters) - Les électeurs des grandes villes 
italiennes ont commencé à se rendre aux urnes ce dimanche pour 
des élections municipales à valeur de test pour le président du 
Conseil Matteo Renzi qui peine à relancer l'économie et à 
réduire le chômage. 
    Si le Parti démocratique (PD) du chef du gouvernement reste 
la première force politique du pays, sa popularité s'effrite 
depuis un an et seul le candidat du PD à Turin est donné 
clairement favori. A Rome, Naples et, dans une moindre mesure, 
Milan, les trois autres grandes villes en jeu, le scrutin 
s'annonce mal pour le parti. 
    Les bureaux de vote, qui ont ouvert à 07h00 (05h00 GMT), 
fermeront leurs portes à 23h00 (21h00 GMT) avec des résultats à 
la sortie des urnes attendus dans les principales villes. Pour 
être élu dès le premier tour, un candidat doit décrocher la 
majorité absolue. A défaut, un second tour sera organisé le 19 
juin. 
    Au total, 13 millions d'Italiens, soit un quart de la 
population en âge de voter, sont appelés aux urnes dans plus de 
1.300 communes, même si l'attention des médias se concentre sur 
les métropoles. 
    Matteo Renzi a consacré peu de temps à la campagne 
électorale et il a fallu attendre cette semaine pour qu'il 
commence à s'impliquer. 
    "Il sait qu'il y a un risque important que les choses ne se 
déroulent pas bien, il n'a donc pas envie d'être étroitement 
associé à un événement qui pourrait mal se terminer", explique 
Roberto D'Alimonte, professeur de sciences politiques à 
l'université LUISS de Rome. 
    Plus de trois défaites dans les grandes villes 
affaibliraient Matteo Renzi et relanceraient l'opposition, "mais 
ne provoqueraient certainement pas sa chute", ajoute-t-il. 
     
    LE M5S FAVORI A ROME 
    Arrivé au pouvoir en 2014, Matteo Renzi est critiqué à 
gauche où on lui reproche d'avoir glissé trop à droite. 
    Selon les sondages, le PD devrait l'emporter à Turin et 
peut-être à Milan où il dispose d'une légère avance. Il aura en 
revanche beaucoup plus de mal à Rome et à Naples. 
    La capitale italienne pourrait tomber dans l'escarcelle du 
Mouvement 5 Etoiles (M5S) qui espère bénéficier du ressentiment 
des électeurs à l'égard de la classe politique romaine 
traditionnelle, impliquée dans une série de scandales de 
corruption. 
    Âgée de 37 ans, sa candidate, Virginia Raggi, espère devenir 
la première femme à diriger la mairie de Rome et les derniers 
sondages lui donnaient une confortable avance avant que leur 
publication ne soit interdite, 15 jours avant le scrutin, 
conformément à la législation italienne. 
    Pour Matteo Renzi, le scrutin-clé se situe dans le nord du 
pays, à Milan, poumon économique du pays. Si le candidat du PD, 
Giuseppe Sala, paraissait en mesure de l'emporter haut la main, 
son principal adversaire a refait une partie de son retard et 
pourrait même l'emporter. 
    Les jeux semblent en revanche faits à Turin où Piero 
Fassino, une des principales figures politiques nationales du 
PD, dispose d'une très large avance dans les sondages. S'il 
échouait cependant à conserver sa mairie dès le premier tour, il 
risquerait de voir les électeurs des autres partis se rallier au 
candidat du M5S, qui paraît le mieux placé pour se qualifier au 
second tour. 
    Naples est en revanche quasiment perdue et devrait rester 
entre les mains de Luigi de Magistris, le maire sortant, un 
ancien procureur membre du Parti des valeurs d'Antonio di Pietro 
et qui a proclamé que la grande ville du sud était "une ville 
anti-Renzi" 
 
 (Nicolas Delame pour le service français, édité par Tangi 
Salaün) 
 
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