Muguet : comment s'organisent les producteurs?

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A l'occasion du 1er mai, le muguet porte-bonheur va abonder sur les étals. Les producteurs, eux, y jouent leur chiffre d'affaires annuel.

Pour les producteurs de muguet, tout se joue aujourd'hui, à l'occasion du 1er mai. En 2013, les Français ont dépensé 31,8 millions d'euros en muguet, dont 23,7 millions rien que pour le 1er mai. En 2014, 2,3 millions de pots ont été achetés, pour une valeur de 18,4 millions d'euros. Patrick Grosso, producteur à Gardanne près d'Aix en Provence, et Ghislain Miailhe, producteur dans le Bordelais, expliquent au Figaro comment ils s'organisent pour ce jour spécial.

«Pour nous producteurs, le muguet se vend sur une période de dix jours environ avec un pic les 28 et 29 avril. Le 1er Mai c'est terminé, les ventes se font principalement chez les fleuristes», note Patrick Grosso. Pour faire face à ce pic de travail, les producteurs doivent recruter de la main d'œuvre. «Il faut embaucher un grand nombre de salariés saisonniers qui n'ont pas forcément l'habitude de travailler dans cette profession. Cette main d ‘œuvre représente un coût très important, nous multiplions notre effectif par 10», précise le producteur. Ghislain Mailhe, lui, emploie une dizaine de salariés à l'année. «Au moment de la cueillette en avril, on embauche entre 300 et 400 personnes, ajoute-t-il. À 90% des étudiants».

Diversifier sa production

Si tous les deux s'accordent sur la nécessité d'embaucher pour cette période, les deux producteurs ne font pas face à la même situation financière. L'entreprise de Ghislain Mailhe, est «monoculture», et ne produit donc que du muguet. La «fleur du bonheur» représente 100% du chiffre d'affaires du producteur. «On y arrive car l'on ne produit pas que du muguet en fleur, on en produit toute l'année, comme une vigne», explique-t-il. En hiver, les griffes de muguet sont revendues aux horticulteurs qui les mettent ensuite en pots pour la grande distribution. Pour le 1er mai, le producteur vend les brins de muguet aux fleuristes. «On fonctionne comme un château avec sa vigne. Eux ont le temps de vendre leurs bouteilles, nous on a une période plus courte pour le faire». Les fleuristes représentent la grande majorité de sa clientèle.

«Bien que le muguet représente environ 80% du chiffre d'affaires annuel pour ma part, la marge bénéficiaire n'est pas suffisante pour absorber les frais généraux de l'année et dégager un revenu pour le chef d'entreprise», note de son côté Patrick Grosso. Pour tenir son chiffre d'affaires toute l'année, le producteur a dû diversifier sa production, en cultivant également des chrysanthèmes et cyclamens pour la Toussaint.

«Nous n'avons donc que deux recettes par an et il faut tenir toute une année. Les banques peuvent nous accorder des facilités de trésorerie mais elles sont souvent réticentes vu l'enjeu financier que cela représente». Le muguet du 1er mai est en plus une «tradition très française». Les producteurs vendent donc dans l'Hexagone. Dernier aléa avec lequel ils doivent composer: le temps. L'année dernière, le muguet avait sorti ses clochettes prématurément. En 2013, la mauvaise météo avait fait craindre une absence de la fleur porte-bonheur sur les étals. «Cette année, nous avons eu une vraie saison», se réjouit Ghislain Mailhe.

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